L’Algérie pilote le « mécanisme de Tripoli » pour un partage équitable des eaux sahariennes avec Libye et Tunisie

Par Kahina Hammoudi
L’Algérie prend les rênes d’une initiative cruciale pour la souveraineté hydrique maghrébine. À Tripoli, son ambassadeur Abdelkrim Rekaibi a représenté Alger lors du lancement du premier « mécanisme de concertation » sur les eaux souterraines du Sahara septentrional, aux côtés du ministre libyen des Ressources en eau, Hosni Awidan, et de l’homologue tunisien Ezzedine Balcheikh. Scellée par la « Déclaration de Tripoli », cette alliance engage les trois pays à une exploitation « rationnelle et équitable » de ces réserves fossiles vitales.
Avec 62% de la nappe – estimée à plus de 40 000 milliards de m³ – sur son territoire, l’Algérie assume la présidence tournante pour trois ans. Née d’un accord présidentiel d’avril 2024 impliquant Abdelmadjid Tebboune, Kais Saied et Mohamed el-Menfi, cette structure assure un suivi conjoint des niveaux d’eau, forages profonds (jusqu’à 1 000 m) et risques de pollution, via des modèles mathématiques pour des quote-parts précises.
« Chaque pays se verra attribuer une quote-part, avec un suivi des niveaux et des risques comme la pollution. La gestion sera conjointe », précise à l’AFP Hussein al-Talou, chef de la recherche au ministère libyen. Hosni Awidan insiste sur l' »exploitation optimale » face aux changements climatiques, tandis qu’Ezzedine Ben Cheikh lie la rareté hydrique à la « sécurité alimentaire en péril en Afrique du Nord ».
Pour l’Algérie, gardienne majeure de ce trésor non renouvelable, ce mécanisme renforce sa résilience face à la désertification, protégeant un atout stratégique pour l’agriculture et l’industrie. La Libye (30% des réserves, 90% désertique) et la Tunisie (8%) y voient un rempart contre la surexploitation.
Dans un Maghreb assoiffé, l’Algérie leader pourrait inspirer une coopération exemplaire, préservant les eaux sahariennes pour l’avenir.
K. H.





