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Coulisses de la logistique électorale : les nouvelles wilayas prêtes pour le 2 juillet

Les élections législatives prévues le 2 juillet 2026 ne se dérouleront plus dans le cadre des 58 wilayas d’antan, mais dans un décor inédit : la nouvelle organisation territoriale en 69 wilayas, née du passage de 11 circonscriptions administratives au rang de wilayas autonomes. Un contexte lourd de défis, mais que le gouvernement présente désormais comme « maîtrisé », avec, en coulisse, une mobilisation logistique et humaine qui donne la mesure de l’enjeu politique.

Par Kahina Hammoudi 

Le nouveau découpage territorial, officialisé le 4 avril 2026 au Journal officiel, est présenté comme une réforme majeure de la gouvernance locale, au service de la promesse présidentielle de réduire les disparités et de rapprocher l’administration du citoyen. Mohamed Ferrari en dresse un schéma en quatre axes :

Passage de 58 à 69 wilayas via la promotion de 11 circonscriptions administratives ;

Renforcement de la décentralisation avec la création d’assemblées populaires de wilaya, censées imposer un mode de gestion plus participatif ;

Meilleure répartition des ressources afin d’optimiser la gestion des territoires ;

Mobilisation massive de moyens humains et matériels pour accompagner la transition.

Pour Mohamed Ferrari, chargé du dossier des nouvelles wilayas au cabinet du ministère de l’Intérieur, des Collectivités locales et des transports, l’échéance est claire : les élections se tiendront dans des conditions normales, malgré une réorganisation territoriale qui touche plus de 2,5 millions d’habitants, 40 daïras et 108 communes, sans toutefois modifier le nombre total de communes.

«La réussite de cette réforme territoriale passe également par une organisation rigoureuse des échéances électorales», martèle‑t‑il sur les ondes de la Radio algérienne.

La réforme, appuyée sur des critères scientifiques et techniques, vise, selon l’intervenant, à assurer une efficacité administrative accrue, tout en ouvrant la porte à une ingénierie territoriale plus fine. Pour accompagner ce changement, une vaste opération de recrutement a été lancée.

1 800 postes budgétaires pour encadrer les 11 nouvelles wilayas

Sur le front de l’emploi public, 1 800 postes budgétaires ont été prévus en deux phases, précise M. Ferrari. La première phase, déjà finalisée, a permis le recrutement de 1 200 cadres pour encadrer 7 des 11 nouvelles wilayas. Une deuxième phase de 600 postes devrait démarrer prochainement, tandis qu’une éventuelle troisième phase reste à l’étude, en fonction des besoins réels sur le terrain.

Ce processus se distingue par sa dématérialisation complète : les candidatures sont déposées et suivies en ligne via une plateforme numérique, ce qui, selon Ferrari, garantirait transparence et rapidité. Une démarche qui s’inscrit dans une logique plus large de numérisation de l’administration, au cœur de la feuille de route de la réforme.

22 milliards de dinars pour «changer le visage» des nouvelles wilayas

Parallèlement à la logistique électorale, un enveloppe de 22 milliards de dinars est mobilisée pour financer des projets de développement local. «Ce budget permet de financer des projets de proximité et de changer le visage des nouvelles wilayas», souligne‑t‑il. Au menu : aménagement urbain, embellissement, et surtout renforcement des services publics dans la santé, l’éducation et les télécommunications.

Les organismes publics – eau, électricité, chambres de commerce – seront progressivement déployés dans ces territoires, ce qui pourrait, sur le papier, transformer la donne pour des populations trop longtemps tenues à distance des infrastructures de base. Une promesse qui, sur le terrain, ne sera crédible que si les délais administratifs ne ralentissent pas les chantiers.

Commission intersectorielle : la coordination au cœur de la réforme

La transition repose aussi sur une commission intersectorielle réunissant l’ensemble des départements ministériels. Chaque secteur est censé mobiliser ses moyens, avec redéploiement du personnel et recrutements complémentaires, afin d’assurer l’installation des nouvelles wilayas. «La numérisation constitue un autre pilier central de cette réforme», insiste M. Ferrari, évoquant le déploiement de systèmes d’information modernes et de services publics numériques.

À l’issue de cette phase transitoire, les 69 wilayas devraient devenir pleinement opérationnelles, dotées de leurs propres institutions, d’une autonomie financière et de l’ensemble des prérogatives nécessaires. Une ambition politique forte, mais qui, dans la pratique, se mesurera à la capacité de l’État à éviter les gimmicks administratifs et à garantir que les élections du 2 juillet ne deviennent pas un simple test logistique, au détriment de la profondeur démocratique tant annoncée.

K. H.

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