L’Algérie ouvre enfin son ciel aux opérateurs NGSO, à prix d’entrée élevé

Par Lynda.N
Pour obtenir le droit de concourir, il faut d’abord débourser un million de dinars. C’est le prix d’entrée fixé par l’Autorité de Régulation de la Poste et des Communications Électroniques (ARPCE) pour retirer le dossier d’appel à la concurrence lancé le 9 avril 2026, en vue de l’attribution de deux licences d’exploitation de réseaux satellitaires en orbite non géostationnaire, dits NGSO. Une barrière financière qui, à elle seule, dessine le profil des candidats attendus.
Les licences NGSO couvrent des réseaux satellitaires à couverture mondiale, du type de ceux qu’opèrent Starlink d’Elon Musk ou OneWeb, rachetée par le groupe Eutelsat.
L’ARPCE précise que l’appel à la concurrence est destiné aux titulaires de licences VSAT déjà établis en Algérie et aux opérateurs disposant d’une constellation satellitaire en orbite basse à couverture mondiale, ce qui réduit de facto le périmètre des candidats potentiels à quelques acteurs globaux.
La procédure est encadrée par la loi n°18-04 du 10 mai 2018 relative à la poste et aux communications électroniques et par le décret exécutif n°01-124 du 9 mai 2001, textes qui structurent depuis un quart de siècle le régime des concessions télécom en Algérie.
Le dossier d’appel à la concurrence est disponible du 9 au 19 avril 2026 au siège de l’ARPCE, au 1 rue Kaddour Rahim à Hussein-Dey, Alger.
Son retrait est conditionné au versement préalable d’un million de dinars par virement au compte de l’ARPCE à la Banque CPA, agence de Hussein-Dey. Le candidat doit également produire un mandat désignant le responsable du retrait et la personne habilitée à recevoir les communications officielles de l’autorité de régulation.
L’Algérie accusait un retard sensible sur ses voisins dans l’ouverture du segment NGSO. Plusieurs pays africains avaient déjà accordé des licences à SpaceX à ses concurrents.
L’attribution de deux licences simultanées suggère la volonté de l’ARPCE d’introduire une concurrence effective dès l’entrée du marché, plutôt que d’accorder un monopole de fait au premier opérateur entrant.
Le calendrier reste pour l’heure lacunaire. L’avis d’adjudication ne précise ni la date limite de dépôt des candidatures, ni les critères de sélection, ni les conditions financières des licences elles-mêmes.
Ces éléments figureront dans le dossier d’appel à la concurrence, que les candidats qualifiés pourront retirer jusqu’au 19 avril 2026.
L.N




