Fonds détournés : Berne coopère, Paris se tait

Par Nadera Rebiai
Le Conseil des ministres a rendu publics, lors de sa dernière réunion, les chiffres détaillés de la coopération judiciaire internationale engagée par l’Algérie dans le cadre de la récupération des avoirs illicitement transférés à l’étranger.
Un bilan global qui prend de l’ampleur
Le chantier est colossal; En octobre 2025, le président Tebboune annonçait la récupération de près de 30 milliards de dollars de fonds détournés, comprenant à la fois des avoirs financiers et des propriétés immobilières.
Le ministère de la Justice a adressé près de 335 demandes de coopération judiciaire internationale à 32 pays dans le but de localiser, geler et saisir les avoirs mal acquis.
Sur le plan international, le bilan est contrasté, du côté de la Suisse, les résultats sont encourageants : sur les 33 commissions rogatoires transmises, 20 dossiers ont été acceptés et instruits, et 4 traités définitivement. Les démarches visent le gel, la confiscation puis la restitution des montants au Trésor public algérien.
Le président de la République a adressé ses remerciements officiels à Berne ainsi qu’à Madrid pour leur coopération.
La situation est tout autre concernant la France, les 61 commissions rogatoires adressées à Paris n’ont, à ce jour, reçu aucune réponse. Aucun dossier n’a été instruit, aucune suite donnée.
Un dossier toujours ouvert
Ces chiffres illustrent les difficultés que rencontrent les autorités algériennes dans leurs démarches de récupération des fonds publics détournés, un chantier engagé depuis plusieurs années et érigé en priorité nationale.
Si certains partenaires répondent favorablement aux sollicitations d’Alger, d’autres demeurent en retrait, sans explication officielle communiquée à ce stade.
N.R




