La blouza oranaise en route vers l’UNESCO : Un dossier, Une histoire, Une identité

Par Nadera Rebiai 

Le 1er avril 2025, l’Algérie a officiellement déposé sa candidature pour l’inscription de la blouza sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l’humanité, l’annonce a été faite avec la solennité qu’impose l’enjeu; une cérémonie officielle s’est tenue au siège du CNRPAH à Alger, sous la présidence de la ministre de la Culture et des Arts, Malika Bendouda, en présence de l’épouse du Premier ministre de Serbie….conférant à cette initiative une dimension à la fois diplomatique et symbolique.

Au cœur du dossier déposé figure « l’art de la blousa et sa décoration dans le grand Ouest algérien », mis en avant comme un savoir-faire ancestral porté par les femmes de cette région.

La démarche s’inscrit dans une stratégie culturelle nationale désormais rodée, après avoir réussi à inscrire des pièces emblématiques comme le caftan, la gandoura et la melhfa, l’Algérie se prépare maintenant à défendre la candidature de la blouza, vêtement intergénérationnel et témoin vivant de l’histoire familiale Oranaise et nationale.

Une robe née des quartiers d’Oran

Pour comprendre la blouza dans sa version la plus aboutie, il faut s’arrêter à Oran, respirer l’air du ciel d’Oran, d’El Hemri, Sidi el Houari, Mediouni et M’dina J’dida…
Née à la fin du XIXe siècle, la blouza a été conçue et développée dans ces quartiers anciens et c’est à Oran qu’elle a été modernisée et affranchie des formes anciennes, c’est ici qu’elle a évolué, qu’elle s’est modernisée, portée par la créativité des couturières oranaises.
Une transformation progressive, façonnée par des gestes précis, une sensibilité locale et un attachement profond à l’identité.

Comme le souligne le styliste Chekaïk Chaïla Bachir, la question de l’inspiration étrangère ne se pose même pas : « cette blousa est née des doigts de la femme oranaise et puisée de son environnement».

La blouza zaïm : la robe des premières fois

Parmi toutes les déclinaisons que la créativité oranaise a enfantées, la blouza zaïm occupe une place à part, elle était souvent la première robe qu’une mère oranaise confectionnait pour sa fille, future mariée, une robe qui incarne ce moment de transmission entre générations, ce passage silencieux d’un savoir et d’une identité.

Un enjeu qui dépasse la robe

Inscrire la blouza à l’UNESCO, c’est trancher un débat qui couve depuis des décennies. Cette inscription permettra de protéger officiellement l’origine et le savoir-faire de la blouza contre toute tentative d’appropriation culturelle, et de valoriser le travail minutieux des artisans algériens, de la couture au perlage et le contexte régional rend cette précaution d’autant plus nécessaire que jamais.
À travers cette candidature, l’Algérie ne défend pas seulement un vêtement, mais une identité.

Dans notre ville, cette identité se porte, se transmet et se raconte… à même le tissu.

— Synapse, quand l’actualité rencontre la mémoire

N.R

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page