Assurances : 200 milliards de dinars de primes, mais des sinistres en stock qui s’accumulent

Par Lynda.N
Le Conseil national des assurances (CNA) vient de publier sa note de conjoncture pour l’exercice 2025. Le marché algérien des assurances y enregistre pour la première fois un chiffre d’affaires de 200,5 milliards de dinars, en progression de 8,8% par rapport à 2024.
Ce résultat est porté essentiellement par les assurances dommages, qui représentent 82,7% du marché avec 165,8 milliards de dinars. L’automobile progresse de 10,6%, portée en partie par la hausse du tarif de la garantie responsabilité civile.
L’IRD (incendie et risques divers) avance de 7,4%, tiré par les assurances de construction, notamment le produit «tous risques montage» qui bondit de 82,7% grâce à la conclusion de nouveaux contrats liés à plusieurs grands projets.
Ces deux branches concentrent à elles seules 91,4% des réalisations du segment dommages.
Les assurances de personnes affichent une progression plus modeste, à 3,5%, pour un chiffre d’affaires de 22 milliards de dinars. La prévoyance collective tire le segment vers le haut avec une hausse de 16,9%, tandis que la branche assistance recule de 10,1%, pénalisée par la baisse de 18,5% des visas schengen accordés par la France en 2025, conséquence directe de la crise diplomatique entre les deux pays.
Le Takaful confirme sa montée en puissance
L’assurance islamique enregistre la progression la plus spectaculaire de l’exercice. Les contributions Takaful bondissent de 84,3%, à 1,4 milliard de dinars. Le Takaful général progresse de 113,4%, porté par la branche automobile qui représente 72% de son activité.
Le Takaful familial avance de 54,2%, tiré par la branche vie-décès. Le CNA note que cette croissance «concerne les deux segments», signe d’un développement équilibré. Le segment ne pèse toutefois que 0,7% du marché total, ce qui relativise l’ampleur de la dynamique.
La Compagnie centrale de réassurance (CCR) affiche pour sa part un chiffre d’affaires en affaires internationales de 11,2 milliards de dinars, en hausse de 11,9%, porté principalement par la branche incendie qui représente 67,4% de son portefeuille.
Un stock de sinistres qui s’alourdit
Le tableau des sinistres est plus contrasté. Les déclarations reculent de 14,2% en montant, à environ 90 milliards de dinars, résultat d’une sinistralité moins lourde qu’en 2024 en assurances dommages, notamment dans les branches IRD et transport qui avaient enregistré des sinistres majeurs l’année précédente. En volume, le nombre de sinistres déclarés progresse légèrement de 2,2%, à 2,07 millions de dossiers.
Les indemnisations versées progressent en revanche de 7,9%, à 85,6 milliards de dinars. Le stock des sinistres à payer atteint 131,2 milliards de dinars, en hausse de 7,8% sur un an, correspondant à 1,6 million de dossiers en instance de règlement. La branche automobile, qui représente 37,9% de ce stock, enregistre à elle seule une augmentation de 13,1%.
Le taux de règlement global, calculé sur la base des montants, progresse de 6 points à 40,5%, signe d’une amélioration de la gestion des dossiers. Calculé sur la base du nombre de dossiers, il recule en revanche de 7,2%, à 50,2%, traduisant un traitement plus rapide en valeur qu’en volume.
Le marché entre dans l’exercice 2026 avec une base solide, mais une charge latente de sinistres non réglés qui continuera de peser sur les bilans des compagnies.
L.N




