La classe politique s’incline devant Liamine Zéroual, figure clé de l’Algérie

Par Kahina Hammoudi
La disparition de l’ancien président Liamine Zéroual, survenue samedi soir, a suscité une vague d’hommages unanimes de la classe politique algérienne. De l’opposition au pouvoir, tous saluent un homme qui a navigué dans les tempêtes des années 1990 pour préserver l’unité du pays.
Le secrétaire général du Rassemblement national démocratique (RND), Moundir Bouden, a été parmi les premiers à réagir. Son parti exprime « une profonde tristesse et une grande affliction » face à cette perte. Au nom des cadres et militants, il adresse ses condoléances à la famille du défunt et à l’ensemble du peuple algérien. Un geste protocolaire, mais qui souligne l’impact d’une figure encore respectée dans les rangs du centre politique.
Au Front de libération nationale (FLN), parti historique au pouvoir, l’émotion est palpable. La direction rend hommage à « un homme fidèle à l’Algérie », pionnier de la génération révolutionnaire qui a voué sa vie à la nation. Patriotisme, sagesse, rôle décisif dans une période critique : le communiqué met en avant son action pour instaurer la concorde nationale, pilier de la stabilité retrouvée après la décennie noire. Zéroual y est qualifié de « symbole de la nation », ayant servi les intérêts supérieurs avec abnégation. Sa mort laisse un vide, « une lourde perte pour l’Algérie ».
Le Front El Moustakbal, dans l’opposition, va plus loin : cette disparition transcende le deuil familial pour devenir « une tragédie nationale touchant la mémoire collective ». Sincérité, intégrité, modestie, sagesse – les qualités soulignées rappellent un dirigeant qui a assumé les rênes de l’État dans la tourmente, fortifiant l’unité, impulsant la réconciliation et consolidant les institutions avec lucidité.
Ces hommages, venus de tous horizons, rappellent le legs ambivalent de Zéroual : artisan de la réconciliation, mais aussi président contesté dans un contexte de transition fragile. L’Algérie perd un témoin majeur de son histoire récente.
K. H.




