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L’Algérie en pleine puissance: une nation qui enchaîne les grands projets et prend en main son destin économique

L'Algérie multiplie les grands chantiers énergétiques, industriels et technologiques et affirme, projet après projet, sa maîtrise économique et sa souveraineté.

Par Kahina Hammoudi

Barrages énergétiques, méga-projets industriels, ports en eaux profondes, chemins de fer, agriculture connectée, intelligence artificielle : l’Algérie multiplie les chantiers structurants et affiche, chantier après chantier, une maîtrise croissante de ses leviers économiques. Décryptage d’un pays qui transforme ses ambitions en puissance.

Une dynamique de grands projets qui redessine le pays

Depuis plusieurs années, l’Algérie a changé de rythme. Le pays ne se contente plus de gérer ses ressources : il multiplie les grands chantiers structurants, secteur après secteur, dans l’énergie, l’industrie lourde, les infrastructures de transport, l’agriculture et le numérique. Cette accumulation de projets, menés en parallèle plutôt que les uns après les autres, dessine une trajectoire claire : celle d’un pays qui gagne en maîtrise technique et en autonomie stratégique, et qui entend transformer ses atouts naturels en véritable puissance économique.

C’est cette même dynamique qui se lit derrière les grands complexes industriels et énergétiques qui se multiplient sur le territoire national : raffineries modernisées, parcs éoliens et solaires, sites miniers, zones portuaires, corridors ferroviaires, exploitations agricoles high-tech et pôles numériques. Chacun de ces chantiers pris isolément est un projet sectoriel. Mis bout à bout, ils racontent l’histoire d’un État qui reprend la main sur ses filières stratégiques.

L’électricité, pierre angulaire de cette montée en puissance

Au cœur de cette dynamique, l’électricité occupe une place à part. L’économie mondiale entre dans ce que les experts appellent «l’ère de l’électricité» : disponibilité, stabilité et coût de l’énergie déterminent désormais où s’installent les usines, où se construisent les centres de données, et quels pays captent les investissements liés à l’intelligence artificielle. Dans cette nouvelle donne, la capacité à produire et à maîtriser l’électricité devient un marqueur de souveraineté et de puissance économique.

Le consultant international en développement économique Abderrahmane Hadef souligne que les pays capables de mobiliser des capacités électriques stables et compétitives se positionnent en tête de la course industrielle et technologique mondiale — une course où l’Algérie dispose de sérieux atouts.

La progression continue de la consommation électrique nationale en est la première preuve : elle traduit une économie en expansion, portée par l’essor urbain, le développement industriel et agricole, la généralisation du dessalement d’eau de mer et la montée en puissance du numérique. Le 19 août dernier, le système électrique national a franchi un nouveau record à 21 828 mégawatts, contre 20 628 MW en 2025. Cette performance illustre la capacité du réseau algérien à absorber une croissance rapide de la demande sans rupture d’approvisionnement.

Le solaire, fer de lance de la nouvelle industrie énergétique

L’Algérie dispose d’un gisement solaire parmi les plus importants au monde. Adossé à l’industrie et à l’investissement, ce potentiel peut alimenter la mobilité électrique, les batteries, l’hydrogène vert et les centres de données, tout en réduisant l’empreinte carbone des produits algériens. Le pays ne se contente pas de disposer de ce potentiel : il le convertit progressivement en filière industrielle, avec un objectif de 15 gigawatts de capacités renouvelables d’ici 2035, qui le placerait parmi les puissances solaires montantes de la région.

Cette bascule énergétique s’inscrit dans une logique plus large de diversification, portée par une série de projets structurants qui touchent aussi bien les mines et la métallurgie que les infrastructures de transport, les ports, l’agriculture ou les nouvelles technologies — autant de chantiers qui, mis en réseau, renforcent la cohérence et la puissance de l’appareil productif national.

Une industrie lourde et des ressources minières remises en mouvement

Le paysage industriel algérien connaît lui aussi une accélération notable, avec la relance de sites miniers stratégiques et le développement de nouvelles filières de transformation. Cette remise en mouvement de l’industrie lourde s’accompagne d’un renforcement des capacités logistiques : ports, voies ferrées et réseaux routiers sont mobilisés pour accompagner l’exploitation de ces ressources et leur intégration dans des chaînes de valeur nationales, plutôt que leur simple exportation en l’état.

Cette approche marque une inflexion stratégique : transformer davantage sur place, créer de la valeur ajoutée localement, et faire des ressources naturelles un tremplin industriel plutôt qu’une simple rente.

Des infrastructures qui connectent le territoire

Les grands chantiers de transport — corridors ferroviaires, extensions portuaires, réseaux routiers — jouent un rôle clé dans cette montée en puissance. Ils permettent de relier les zones de production aux ports d’exportation, de désenclaver les régions intérieures, et de soutenir la compétitivité logistique du pays. Combinés à la modernisation des réseaux électriques, ces investissements consolident une infrastructure économique intégrée, capable de soutenir une croissance industrielle de long terme.

L’agriculture et le numérique, nouveaux moteurs de souveraineté

La dynamique ne se limite pas à l’industrie lourde et à l’énergie. L’agriculture connectée et la formation d’une nouvelle génération de talents dans le numérique et les technologies avancées complètent ce tableau. Ces filières incarnent une ambition de souveraineté élargie : sécuriser l’alimentation, développer les compétences locales, et positionner l’Algérie sur les segments technologiques d’avenir, de la donnée à l’intelligence artificielle.

 

Une électricité propre, future carte maîtresse des exportations

À l’heure où les marchés internationaux durcissent leurs exigences environnementales, l’Algérie dispose d’une occasion en or : une électricité de plus en plus verte peut devenir un véritable argument commercial. En réduisant l’empreinte carbone de ses produits grâce aux renouvelables, le pays renforce sa compétitivité à l’export et sa capacité à séduire des marchés de plus en plus attentifs aux normes environnementales — un atout qui vient s’ajouter à la modernisation de ses filières industrielles et logistiques.

Ce qu’il faut retenir

– Une accumulation de grands projets : énergie, mines, industrie, transport, agriculture et numérique avancent de front, signe d’une stratégie de développement coordonnée.

– Un record de consommation électrique : 21 828 MW atteints en août 2026, preuve du dynamisme économique et de la solidité du réseau national.

– Un potentiel solaire de premier plan, avec un objectif de 15 GW de renouvelables d’ici 2035.

– Une industrie qui monte en valeur ajoutée, avec la relance des filières minières et métallurgiques.

– Des infrastructures de transport et des filières agricoles et numériques qui consolident la cohérence de l’ensemble.

– Un argument à l’export : l’électricité verte comme levier de compétitivité pour les produits algériens.

En multipliant les chantiers structurants dans l’énergie, l’industrie, les infrastructures, l’agriculture et le numérique, l’Algérie ne se contente plus de répondre aux besoins du moment : elle construit, projet après projet, les fondations d’une puissance économique affirmée et d’une souveraineté élargie.

K. H. 

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