L’Algérie, pivot énergétique incontournable pour l’Italie, l’Espagne et l’Europe au milieu de la tourmente moyen-orientale
Un ballet diplomatique qui consacre l'Algérie au centre de l'échiquier énergétique.
Par Kahina Hammoudi
Alger s’impose plus que jamais comme le pivot énergétique indispensable pour l’Italie, l’Espagne et toute l’Europe.
Les visites express de la Première ministre italienne Giorgia Meloni et du chef de la diplomatie espagnole José Manuel Albares en Algérie en disent long : face à la crise explosive au Moyen-Orient et à la menace d’une pénurie gazière imminente, Alger déploie ses infrastructures solides et sa proximité géographique pour sécuriser les approvisionnements du Vieux Continent.
Un ballet diplomatique qui consacre l’Algérie au centre de l’échiquier énergétique.
Des enjeux vitaux pour Rome et Madrid
Pour l’Italie, Giorgia Meloni vient sceller un partenariat stratégique renforcé autour du gazoduc Transmed et du Plan Mattei. L’Algérie fournit déjà 21% du GNL italien, avec une hausse spectaculaire de 50% des importations en 2025 – une bouffée d’oxygène vitale alors que les tensions au Moyen-Orient font flamber les prix. Alger répond présent, capitalisant sur sa fiabilité pour devenir le rempart contre la volatilité des marchés.
De son côté, l’Espagne mise à 29% sur le gaz algérien via le Medgaz. Albares l’a confirmé : les exportations bilatérales ont bondi de 168% pour compenser les perturbations du GNL qatari. Ces visites aboutissent à des accords prioritaires – gaz supplémentaire en échange d’investissements industriels massifs. Alger va jusqu’à suspendre son usage domestique dans des secteurs comme le ciment pour prioriser les exportations vers l’Europe. Un geste de souveraineté qui force le respect.
La crise moyen-orientale repositionne Alger au cœur du jeu
La guerre au Moyen-Orient paralyse les routes maritimes du Golfe, rendant le gaz algérien – acheminé par des gazoducs sécurisés et terrestres – l’alternative immédiate et fiable au gaz russe ou qatari. Alors que Poutine agite la menace de coupures, Alger émerge comme le sauveur : quatrième fournisseur de GNL pour l’Europe, avec un potentiel boosté par ses ambitions renouvelables qui libèrent encore plus de gaz pour l’export. Le Brent à 106 dollars et les prix TTF qui explosent de 110% ? Alger offre la stabilité, loin des risques maritimes vulnérables du Golfe.
Un atout stratégique pour la souveraineté énergétique
L’Algérie incarne la souveraineté énergétique : diversification post-Ukraine, proximité inégalée avec des gazoducs Medgaz et Transmed modernisés, et un levier économique puissant grâce à ses 15 000 MW de renouvelables prévus d’ici 2035. Pour l’UE, c’est un virage pragmatique vers le Sud, bien plus rentable qu’un recours coûteux aux importations américaines. Pour Alger, c’est l’affirmation d’une position de force : des partenariats équilibrés, avec des investissements mutuels aux conditions algériennes.
Ce ballet diplomatique de mars 2026 marque un tournant historique. L’Algérie n’est plus un simple suppléant : elle est le pilier incontournable de la sécurité énergétique européenne, un rôle pivot que personne ne peut ignorer.
K. H.




