Écoles privées en Algérie : espoirs des parents et désillusions coûteuses

Par Nadera Rebiai
Entre promesse d’excellence et pression financière, les écoles privées divisent les familles algériennes.
Aujourd’hui, environ 1 500 établissements privés coexistent avec plus de 22 000 écoles publiques, (fin 2025: environ 22 472 écoles publiques (16 128 primaires, 6 344 secondaires) et 1 523 établissements privés agréés, selon les données du Ministère de l’Éducation nationale.
Le pari de la réussite
Classes réduites, encadrement renforcé, suivi personnalisé : ce sont les arguments les plus avancés par les parents.
« Les classes à 20 élèves ont sauvé mon fils…il était en difficulté en maths et victime d’intimidation dans son ancien collège, il rentrait stressé et ses notes chutaient », témoigne Nadia, mère à Oran.
« Depuis son inscription dans une classe à effectif réduit, il a repris confiance, ses résultats se sont améliorés et il va à l’école sans peur….Malgré les 450 000 dinars par an, je ne regrette notre décision, nous avons choisi sa sérénité ».
Le prix de l’ambition
Mais ce confort a un coût : entre 400 000 et 500 000 dinars par an en moyenne, excluant une partie des classes moyennes,« On sacrifie nos vacances pour payer l’école », explique Djamel , père de trois enfants scolarisés au privé.
D’autres évoquent une pression académique importante et des attentes élevées.
Un encadrement plus strict
Le 25 février 2026, un nouveau décret exécutif a été examiné en Conseil des ministres sous la présidence de Abdelmadjid Tebboune; le texte prévoit de nouvelles conditions d’agrément et de contrôle des établissements privés, ainsi que l’encouragement de filières d’avenir comme l’intelligence artificielle et la cybersécurité.
L’école publique en transformation
Face à la progression du privé, l’État investit massivement dans le secteur public : 500 milliards de dinars en 2025 pour numériser 5 000 écoles et former 20 000 enseignants aux outils numériques.
Effectifs réduits dans une partie des établissements urbains et la gratuité des manuels étendue au secondaire. des efforts visibles, mais jugés encore insuffisants par certains parents.
Une question d’égalité
Au-delà du débat public-privé, une interrogation persiste : l’accès à une éducation de qualité devient-il conditionné au pouvoir d’achat ?…Un audit national est annoncé pour 2026, alors que le fossé entre établissements continue d’alimenter le débat.
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N.R




