Dan Jørgensen à Alger: l’UE mise sur le gaz algérien pour remplacer le russe

Par Lynda.N
La sortie du gaz russe impose à l’Europe une reconfiguration majeure de sa carte énergétique.
Depuis l’adoption, le 26 janvier dernier, du règlement organisant l’élimination progressive de toutes les importations russes, Bruxelles accélère pour sécuriser ses approvisionnements alternatifs.
Le calendrier ne laisse aucune marge : interdiction du GNL russe sur le marché spot depuis début 2026, fin des contrats long terme de GNL au 1er janvier 2027, et arrêt total du gaz acheminé par gazoduc au 30 septembre 2027.
Dans cette course contre la montre, l’Algérie s’impose comme le partenaire de premier plan.
C’est précisément pour concrétiser ce virage stratégique que le commissaire européen Dan Jørgensen était ce jeudi à Alger.
Lors de la sixième réunion ministérielle du dialogue sur l’énergie, coprésidée avec les ministres algériens Mohamed Arkab et Mourad Adjal, Bruxelles a annoncé son intention d’accroître massivement ses investissements dans le secteur gazier algérien.
Les chiffres justifient amplement ce choix. Deuxième fournisseur de gaz naturel par gazoduc de l’UE derrière la Norvège, l’Algérie a acheminé quelque 30 milliards de mètres cubes en 2025 via le Transmed vers l’Italie et le Medgaz vers l’Espagne.
Au premier trimestre 2025, le pays représentait déjà 19,4 % des importations gazières européennes, tandis que la part russe s’effondrait à 11,1 %.
Mieux encore, l’Europe a absorbé près de 95 % des exportations algériennes de GNL l’an dernier, ce qui fait du pays maghrébin un fournisseur naturellement tourné vers le marché européen.
La Turquie, la France, l’Italie, l’Espagne et le Royaume-Uni constituent ses principaux clients, avec des volumes qui placent l’Algérie parmi les quatre acteurs concentrant 90 % des approvisionnements européens en GNL.
Cette dépendance mutuelle explique l’empressement européen. Le partenariat qui se dessine va toutefois bien au-delà du simple remplacement des volumes russes.
Les discussions d’Alger ont porté sur des perspectives à moyen et long terme, notamment dans l’hydrogène renouvelable.
Avec son ensoleillement exceptionnel et ses vastes territoires désertiques, l’Algérie dispose d’un potentiel considérable pour produire ce combustible à partir de sources propres.
Le projet de corridor SoutH2, destiné à relier l’Afrique du Nord à l’Europe, pourrait transformer le pays en véritable hub énergétique méditerranéen.
En contrepartie des volumes gaziers, l’Algérie obtient l’accès aux technologies européennes dans les domaines des énergies renouvelables, de l’efficacité énergétique et de la gestion des réseaux électriques. Autrement dit, un échange gagnant-gagnant.
L.N




