Grève des huit jours : le cri invincible du peuple algérien qui a brisé les chaînes coloniales

Par Kahina Hammoudi
Mercredi, l’Algérie tout entière commémore le 69e anniversaire de la grève historique des huit jours, ce séisme populaire du 28 janvier au 4 février 1957 qui a fait trembler l’occupant français jusqu’aux moelles. Appelée par le Comité de coordination et d’exécution (CCE) du Front de libération nationale (FLN), préparée par les chefs des six wilayas historiques, cette grève n’était pas un simple arrêt du travail : c’était un rugissement collectif, une preuve de fer de l’unité du peuple algérien derrière sa Révolution, une gifle magistrale à la France coloniale qui osait encore se prétendre « civilisatrice ».
Imaginez : des millions d’Algériens, travailleurs, commerçants, artisans, organisations de masse confondues, paralysant le pays de l’intérieur comme de l’extérieur. La Radio clandestine, voix de la vérité, harangue les masses : « Résistez ! Sabotez ! Unifiez-vous ! » Et le peuple répond, massif, uni, invincible. Cette adhésion totale pulvérise les mensonges de l’occupant, réduit à néant ses sornettes sur une prétendue « Algérie française ». Le FLN émerge plus fort que jamais comme le seul représentant légitime de la nation, et le monde entier entend la voix de notre lutte.
Cette grève n’était pas un pari hasardeux, mais la chair même du Congrès de la Soummam : dynamiser le soutien populaire, faire de chaque Algérien un combattant. À l’étranger, nos frères en France – oui, ces mêmes « immigrés » que Paris méprisait – boycottent, manifestent, amplifient l’écho. Résultat ? L’Assemblée générale des Nations Unies inscrit la question algérienne à son ordre du jour, sous l’impulsion du bloc arabo-asiatique. Le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes triomphe ! Les plans perfides de division, de propagande et de désinformation s’effondrent comme un château de cartes.
Mais la bête blessée réagit avec sa sauvagerie habituelle. La France coloniale déchaîne l’enfer : massacres, répression barbare, arrestations massives, tortures infernales, expulsions, destructions de biens. Près de 1500 fidayin tombent au combat à la Casbah, soutenus par 5000 civils intrépides. 40% de la population interrogée, des dizaines exécutés sommairement, des centaines entassés dans des camps de concentration. Larbi Ben M’hidi, géant de la Révolution, martyrisé jusqu’à la mort sous les coups des bourreaux. Ali La Pointe et ses compagnons, découverts dans leur cache, choisissent l’immortalité plutôt que la reddition : un baroud d’honneur qui hante encore les nuits des oppresseurs.
Et pourtant, rien n’y fait ! Cette répression odieuse ne plie pas le peuple. Au contraire, elle l’enflamme. Les manifestations du 11 décembre 1960 en seront la preuve éclatante, pavant la voie à l’indépendance reconquise en 1962.
La grève des huit jours ? Un coup de grâce asséné par des millions de poings serrés, une leçon éternelle : face à l’occupant, l’Algérie ne plie pas, elle frappe. Aujourd’hui, 69 ans plus tard, ce sacrifice nous interpelle : gardons vive la flamme révolutionnaire, unissons-nous contre toute tentative de division, et défendons bec et ongles notre souveraineté.
K. H.




