Finale du Mondial 2030 : le Maroc éjecté, l’Espagne s’empare du trophée organisationnel

Par Kahina Hammoudi
Rafael Louzan, président de la Fédération espagnole de football, n’a pas mâché ses mots lundi soir, lors d’un gala de l’Association de la presse sportive madrilène (ADPM) où il raflait un prix. « La finale du Mondial 2030 aura lieu en Espagne », a-t-il asséné, comme un uppercut diplomatique. « L’Espagne est la locomotive de cette Coupe du monde, et la finale se tiendra ici. Point final. »
Pas de chichis, pas d’ambiguïté : Madrid, et probablement le Santiago Bernabéu, hébergera l’apothéose de ce tournoi co-organisé par l’Espagne, le Portugal et le Maroc. Louzan vante une « capacité d’organisation éprouvée » ibérique, forgée au fil des ans, et promet « le meilleur Mondial de l’histoire » pour fêter les 100 ans de la compétition, née en Uruguay en 1930. Ambition légitime, quand on sait que l’Espagne mise gros sur cet événement pour asseoir sa stature mondiale.
Mais derrière ces déclarations triomphales se profile l’ombre du fiasco marocain récent. La CAN-2025, pilotée par le Royaume, reste gravée dans les annales comme la « plus catastrophique » de l’histoire continentale, selon une pléiade d’experts. Scènes de chaos, organisation bancale, image du football africain ternie : Louzan n’hésite pas à le rappeler crûment. « Nous avons vu des épisodes qui salissent le beau jeu », lâche-t-il, une gifle en pleine figure pour Rabat.
Géopolitique du ballon rond oblige, cette disqualification de facto du Maroc pour la finale n’est pas qu’une question logistique. Elle révèle les fractures d’un dossier 2030 arraché de haute lutte par le trio ibérico-maghrébin face à une candidature marocaine solo. Le Royaume, qui rêvait d’un rôle central, se voit relégué au rang de co-organisateur secondaire, puni par ses récents dérapages. L’Espagne, elle, capitalise sur son expertise – Euro 1964, Mondial 1982 – pour verrouiller le cœur de l’événement.
Le message est clair : pas question de rééditer les bourdes de la CAN. Le Maroc, qui doit cohabiter dans ce Mondial tripartite, avale la pilule. Reste à voir si cette pilule, amère, ne ravivera pas les tensions maghrébo-ibériques, sur et en dehors des terrains.
K. H.




