Relations algéro-françaises : Une sénatrice écologiste plaide pour la reconnaissance des crimes coloniaux

Par Lylya.M

Mathilde Ollivier, sénatrice EELV, a profité d’une visite de travail en Algérie pour réclamer des excuses officielles de Paris et l’ouverture du dossier des réparations.

Des revendications qui rejoignent les positions constantes d’Alger depuis l’indépendance.

La sénatrice française Mathilde Ollivier (Europe Écologie-Les Verts) a accordé un entretien au programme One2One sur la chaîne privée One TV lors de sa première visite en Algérie.

Son message reprend les demandes algériennes, à savoir reconnaissance des crimes coloniaux, excuses officielles et discussion sur les réparations. Pour l’élue écologiste, aucune normalisation durable des relations n’est possible sans ce préalable.

Parmi ces dossiers non réglés, celui du patrimoine culturel occupe une place centrale.

La parlementaire reconnaît le droit de l’Algérie à récupérer ses biens pillés et propose des commissions d’experts bilatérales pour dresser l’inventaire complet, y compris les œuvres dérobées avant 1815.

L’objectif est de ramener ce patrimoine sur le territoire algérien.

Cette position contraste avec la frilosité française habituelle. Paris craint l’effet domino sur les autres anciennes colonies.

Le rapport Savoy-Sarr de 2018 n’a débouché que sur quelques gestes symboliques.

Au-delà de ces questions patrimoniales, la sénatrice mise sur la diplomatie parlementaire pour maintenir le dialogue en période de crise.

Elle estime que les ruptures répétées alimentent les incompréhensions. Elle salue également la communauté française installée en Algérie, qu’elle voit comme un relais des attentes algériennes auprès de l’opinion française.

Cette communauté reflète la demande d’une relation débarrassée du paternalisme postcolonial.
Mais cette ouverture au dialogue ne l’empêche pas de dénoncer les instrumentalisations politiciennes.

Mathilde Ollivier attaque les tentatives de l’extrême droite française d’exploiter le dossier algérien pour des gains électoraux. Les projets visant les accords bilatéraux seront bloqués au Sénat par la gauche et les écologistes, assure-t-elle.

Elle lie également la dégradation des rapports avec Alger aux politiques de l’ancien ministre de l’Intérieur. Son départ ouvre peut-être une fenêtre pour relancer le dialogue après des années de tensions.

Sur le plan mémoriel, l’élue ne transige pas. Elle réclame l’ouverture totale des archives françaises et un travail commun avec les historiens algériens, loin de toute approche guidée par des calculs politiques de court terme.

Cette intervention arrive alors que les questions de mémoire continuent de bloquer les relations entre les deux pays.

Emmanuel Macron a multiplié les gestes depuis 2017 mais refuse toujours des excuses formelles au nom de la République, estimant que cela ne relève pas de ses attributions.

Le discours de la sénatrice écologiste révèle un écart grandissant entre une partie de la gauche française et la position officielle de l’Élysée.

Reste que ces prises de position, bien que relayées en Algérie, peinent à influencer la doctrine française sur le dossier mémoriel. Les déclarations d’élus d’opposition ont rarement pesé sur la politique étrangère de Paris.

L.M

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