Le projet de loi de finances 2026 en examen à l’APN: Un texte indicateur du report de plusieurs réformes

Par Khaled Remouche 

Une première lecture du document montre que le rythme d’expansion des dépenses budgétaires va plus vite que la croissance des recettes fiscales.

Un dysfonctionnement qui résulte entre autres du report de plusieurs réformes.

Il faut noter que les transferts sociaux et la masse salariale des fonctionnaires dans le projet de loi de finances 2026 absorbent une grande partie du budget de l’Etat.

Le poids des subventions alourdit le poste dépenses budgétaires. Ce qui s’explique par le report de la réforme des subventions en l’absence de mécanisme pour cerner les revenus des ménages.

Autre réforme , celle de la fiscalité locale . Les communes dans leur grande majorité dépendent pour leurs dépenses du soutien financier de l’Etat.

La commune n’en est pas à lever ses propres impôts et à s’affranchir des ressources financières étatiques. L’alternative pour le Trésor dans ce projet de loi de finances est en outre le lancement des sukuks souverains permettant de financer la réalisation d’ équipements publics.

Mais le partenariat public-privé, une autre alternative pour financer les infrastructures tarde à voir le jour.

La Tunisie bien en avance a dépassé le stade de la détermination des projets d’infrastructures à financer grâce à cette formule au stade pratique de réalisation de l’infrastructure par cette technique de financement.

En Algérie, la réglementation concernant cette forme de financement n’a pas encore vu le jour.

Mais dans ce projet de loi de finances 2026 des mesures positives sont signalées comme les exonérations ou réductions d’impôts pour promouvoir le développement de l’énergie solaire,de l’aquaculture, des start up et des incubateurs.

Enfin , après le gel des salaires des fonctionnaires pendant plusieurs années , on est depuis ces dernières années à une hausse continue des salaires et donc à une augmentation de la masse salariale qui atteint 5926 milliards de dinars soit 33 pour cent du budget de l’Etat.

C’est positif dans la mesure où elle tend à améliorer le pouvoir d’achat notamment des enseignants, des forces de l’ordre, des médecins, des pompiers , du personnel des collectivités locales .

Mais sans une réforme de l’administration, on ne peut lier l’augmentation des salaires des fonctionnaires à leur performance et à la qualité des services publics.

K.R

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