La Russie critique vivement la démarche américaine au Conseil de sécurité et alerte sur le futur du Sahara Occidental

Par Kahina Hammoudi 

Vendredi, le Conseil de sécurité a décidé de prolonger jusqu’en octobre 2026 le mandat de la MINURSO, adoptant un texte largement piloté par les États-Unis, qui semble entériner la domination marocaine sur le Sahara Occidental.

En réaction, la Russie a préféré s’abstenir, dénonçant un document « déséquilibré » et fortement politisé, tout en dénonçant la « précipitation téméraire » de Washington sur ce dossier.

Dans une déclaration ferme, l’ambassadeur russe auprès de l’ONU, Vassili Nebenzia, a dénoncé un processus « bâclé », accusant les États-Unis d’avoir transformé le Conseil en une tribune de promotion d’intérêts nationaux.

Cette attitude, selon Moscou, porte atteinte au droit fondamental du peuple sahraoui à choisir librement son destin.Par ailleurs, la Russie a rappelé que le prétendu « plan d’autonomie » proposé par le Maroc, et validé par la résolution, ne repose sur aucune légitimité juridique reconnue internationalement.

Ce plan, imposé sous la pression et soutenu par des stratégies de chantage énergétique et sécuritaire, constitue, selon Moscou, une violation des principes mêmes des Nations unies concernant la décolonisation.

La Russie estime que le Conseil de sécurité, sous influence américaine, a ainsi dépassé les limites de sa neutralité.

En contournant les débats en séance plénière et en réduisant le rôle du « Groupe des amis du Sahara Occidental » à un simple porte-voix du régime marocain, Washington et ses alliés européens se sont discrédités, bafouant le droit international.

Le message envoyé par Moscou est clair: il ne peut y avoir de paix stable sans respect du droit à la souveraineté des peuples. Derrière la formule critique sur le « cow-boyisme » américain se cache un avertissement grave : le risque d’un embrasement imminent plane toujours sur le Sahara.

La Russie renouvelle son soutien à l’envoyé spécial des Nations unies, Staffan de Mistura, et appelle à une issue négociée garantissant aux Sahraouis le droit inaliénable à l’autodétermination.

Moscou insiste pour rappeler que la légitimité internationale ne se décrète pas à Washington, mais repose sur les principes fondamentaux de l’ONU.

Dans ce contexte sensible, la Russie se positionne en porte-voix d’un ordre international fondé sur l’équité et le respect des droits des peuples, alertant la communauté mondiale pour éviter un nouveau réveil du conflit sahraoui.

K. H. 

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