Décès de Ahmed Taleb Ibrahimi : Parcours et héritage d’un ministre emblématique de l’Algérie indépendante

Par Kahina Hammoudi
Ahmed Taleb Ibrahimi, ancien ministre algérien des Affaires étrangères, est décédé à l’âge de 93 ans.
Né le 5 janvier 1932 à Sétif, il est le fils du grand savant Mohamed Bachir El Ibrahimi, figure emblématique du mouvement des Oulémas musulmans algériens, qui a joué un rôle important dans l’éveil culturel et religieux pendant la colonisation française.
Ahmed Taleb Ibrahimi a consacré sa vie à l’engagement politique et intellectuel au service de l’Algérie indépendante.
Médecin de formation, il s’est rapidement impliqué dans la lutte pour l’indépendance, militant du Front de libération nationale (FLN).
En raison de son militantisme, il fut emprisonné à plusieurs reprises par les autorités coloniales françaises. Après l’indépendance, il a occupé plusieurs postes ministériels sous les présidences de Houari Boumédiène et Chadli Bendjedid. Il fut notamment ministre de l’Éducation nationale de 1965 à 1970, ministre de l’Information et de la Culture de 1970 à 1977, puis ministre des Affaires étrangères de 1982 à 1988. Durant ces années, il a œuvré pour la valorisation de l’arabe et de la culture arabe en Algérie, ainsi que pour le rayonnement du pays sur la scène internationale.
Par ailleurs, Ahmed Taleb Ibrahimi a été un conseiller influent auprès des présidents Houari Boumédiène et Chadli Bendjedid, occupant un poste de ministre-conseiller de 1977 à 1982.
En plus de son parcours politique, il est aussi un écrivain et un intellectuel respecté, ayant participé à nourrir la pensée algérienne post-coloniale sur la souveraineté nationale, l’identité culturelle et la coopération maghrébine.Sa longévité et son parcours exemplaire font de lui un témoin privilégié des grands événements qui ont façonné l’Algérie moderne.
Sa disparition marque la fin d’une époque, celle d’une génération de bâtisseurs qui ont forgé les fondations de la nation algérienne indépendante. Ahmed Taleb Ibrahimi laisse derrière lui un héritage intellectuel et patriotique qui continuera d’inspirer les générations futures.
K. H.




