Analyses médicales: les professionnels tirent la sonnette d’alarme sur l’exercice illégal de ce métier sensible

Plus qu’un coup de colère, c’est un véritable cri d’alerte qui a été exprimé par les médecins biologistes réunis, jeudi dernier à Alger, pour une journée d’étude à l’initiative du Syndicat algérien des laboratoires de biologie médicales (SALAM) et l’Association des laboratoires d’analyses médicales (ALAM).

L’occasion propice pour dénoncer des dérives réglementaires, des erreurs dans des résultats des analyses, utilisation inadéquate des réactifs, mauvaise interprétation des résultats et surtout un manque de contrôle…

Et c’est à juste titre, vu la gravité de la situation que ces derniers appellent les autorités compétentes à intervenir de manière urgente pour mettre un terme à la prolifération des laboratoires illégaux et protéger, ainsi, la santé des citoyens.

Pr Issam Frigaa, chef du centre d’hémobiologie et de transfusion sanguine au CHU Mustapha, ne prend pas de gants pour révéler des pratiques dangereuses : « Nous sommes amenés quotidiennement à corriger des diagnostics faussés par ce type d’erreurs médicales. ».

Il insiste : « L’exercice de la biologie médicale est très sensible dans le processus de prise en charge du patient, que ce soit pour le diagnostic, le traitement ou la prévention. Il doit être strictement réglementé. Il faut donc établir un cadre organisationnel et réglementaire pour cette activité, garantissant la qualité, la précision et l’accès aux professionnels habilités à réaliser et interpréter des analyses de biologie médicale

« Nous avons évoqué les dérives réglementaires, qui vont des textes parus depuis 2008 jusqu’au statut des biologistes de santé publique, dont les dispositions portent confusion. Il est vrai que ce corps participe à l’activité des laboratoires d’analyses, mais on lui confère, malheureusement, les prérogatives de médecins et de pharmaciens spécialisés en biologie médicale. On lui attribue le statut de biologiste médical, c’est-à-dire la responsabilité de l’interprétation et de la validation des analyses médicales. Nous avons soulevé le problème de ce vide juridique et formulé des propositions, mais jusqu’à présent, celles-ci n’ont pas trouvé d’écho .cette faille dans la législation a été , egalement, soulignée par le Dr Ali Boudjemaa , président de Salam qui a abordé, tout autant, la problématique de la mise à jour de la nomenclature tarifaire des analyses médicales pour le remboursement par les caisses de sécurité sociale, laquelle date des années 70.

Ce dernier n’a pas manqué, d’ailleurs, de soulever le problème de la pratique illégale de la biologie médicale par des professionnels non habilités pointant un doigt accusateur en direction des pharmaciens d’officine, certains médecins hématologues, des endocrinologue » et de marteler : « Il faut pratiquer la biologie médicale dans le respect des normes »

Ce médecin syndicaliste gardera, toutefois, la main tendue en direction du ministère de la Santé. « Nous croyons résolument au dialogue. Nous adressons des écrits à la tutelle et faisons valoir nos revendications de manière graduelle, car en tant que syndicat, nous disposons des moyens légaux pour mener des actions de protestation »

C’est donc une veritable cacophonie qui règne dans ce domaine et dont les dysfonctionnements pourraient être porteurs de risques au patient d’où la nécessité d’un contrôle rigoureux et des qualifications requises.

Raison pour laquelle Adel Agoun, vice président de Salam rappelle que la biologie médicale est une discipline à part entière et devrait être pratiquée exclusivement par des médecins et pharmaciens titulaires de diplômes en biologie comme le stipule la loi en vigueur. Or, selon lui « c’est loin d’être le cas et cela ne peut qu’affecter , par la suite , la qualité des soins .

Nabila S

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