Commerce du cabas: Une régularisation qui bouscule l’informel et les démons du pot de vin…
S'acquitter des 5% de droits de douane coûtera largement moins cher que les pots de vins imposés dans le commerce au noir.

Ces jeunes qui faisaient dans le petit commerce d’importation clandestine étaient souvent contraints de se soumettre au diktat de toutes formes de corruption.
« Payer pour passer» telle était la devise.
La régularisation du commerce du cabas (Micro-importations) dérangera les courants de fraude et coupera les vivres aux corrompus d’une certaine administration qui se nourrissaient de ces activités.
En prenant cette décision de légaliser l’activité, les pouvoirs publics, à leur tête le président de la république qui a accéléré la mise en œuvre du dispositif d’encadrement et de suivi de la démarche, bousculent bien des intérêts.
La pertinence réside dans les enjeux de la mesure qui libère une importante population de jeunes des circuits obscurs de l’informel.
Elle se situe aussi dans le fait que le maintien de l’activité a été privilégié sur son interdiction pure et dure . Tant qu’elle existe et qu’elle est menée par de jeunes esprits bien rodés aux circuits des petites importations, les pouvoirs publics ont opté pour la solution qui répondait au mieux à la situation. Avec réalisme.
Gagnant-gagnant. Le jeune poursuit son commerce et jouit d’une protection sociale et juridique puisqu’il se voit affilié à la caisse de sécurité sociale et exercé sans risques , avec l’assurance d’un agent économique dûment reconnu. Loin des contraintes et autres entraves se traduisant souvent en demandes de rançons. Loin des saisies de leurs marchandises également.
S’acquitter des 5% de droits de douane coûtera largement moins cher que les pots de vins imposés dans le commerce au noir.
L’autre enjeu consiste à renflouer les caisses de sécurité sociale après l’entrée en vigueur de la mesure. Et par prolongement, au regard du nombre d’adhérents qui pourraient se voir forcément séduits par le dispositif, l’effet multiplicateur serait à même d’affaiblir le marché parallèle dans plusieurs de ses composantes.
Le micro importateur devenant un agent économique au sens plein, utilisera ses propres devises que le décret exécutif prévoit de loger dans une banque publique, la BEA en l’occurrence.
À raison de deux importations par mois, de 12000 euros environ chacune (1.800.000 DA) le jeune importateur participera directement à l’absorption d’une bonne partie de devises du marché parallèle qui échappent aux circuits bancaires.
Avec un statut officiel d’auto-entrepreneur, il bénéficie d’un régime fiscal spécifique, à la limite symbolique.
En somme, la traçabilité et la maîtrise des flux et de la nature ainsi que des volumes importés par cette catégorie de commerçants, sont autant d’outils qui permettront aux pouvoirs publics de gagner en visibilité et d’avoir entre leurs mains les leviers d’un marché aux multiples dimensions. Sans porter atteinte à la production locale. D’où l’intérêt des limitations de volumes.
Il reste cependant à espérer que l’application concrète de ce dispositif soit confié à des compétences bancaires pour l’assouplissement des démarches et la mise en œuvre des avantages.
Sarah.A




