Tensions Algéro-françaises: Emmanuel Macron a parlé. Sans plus.

Le chaud et le froid.

Emmanuel Macron a rompu le silence.

Au lendemain de la ferme réaction de la diplomatie algérienne qui affirme « rejeter les ultimatums et les menaces » , le président français aborde la crise entre les deux pays, depuis le Portugal où il était en visite.

Son Propos ne semble suggérer aucune solution concrète tant il commence son intervention par une justification inappropriée sur les raisons de l’escalade.

Macron rappelle ainsi l’attaque de Mulhouse perpétrée tout récemment par un suspect sous OQTF ( obligation de quitter le territoire français) que l’Algérie a refusé de reprendre , selon le président français qui suggère ainsi que toute cette récente escalade tiendrait de cette affaire qui « a heurté tout le monde».

Une manière de jeter une part de responsabilité de ce crime sur l’Algérie. Tout en justifiant sur la lancée, cette dérive commise par des ministres de la république française qui  sont passés au stade des menaces et de l’intimidation en brandissant des mesures de restrictions de circulation et d’accès au territoire français pour une certaine catégorie de personnalités algériennes.

Emmanuel Macron ajoute que « rien ne peut prévaloir sur la sécurité des français..». Il s’en va également encenser son ministre de l’intérieur Bruno Retailleau, lequel s’est particulièrement distingué dans ses attaques haineuses contre l’Algérie.

N’offrant aucun élément de lecture permettant d’entrevoir une quelconque volonté de désamorcer la crise, le président français a surtout axé son propos sur le rappel du travail de révision des accords relatifs à ceux de 1968 ou encore de 1994, toujours en matière de flux migratoires et de circulation des personnes.

Tout indique en substance que les points soulignés par Macron sont ceux là mêmes qui constituent la matière première, voire le plat préféré de l’extrême droite française qui trouve dans les propos de Macron un signe de total alignement.

D’ailleurs cela se confirme quand le président français persiste à évoquer le cas de Boualem Sensal dont il qualifie la détention « d’arbitraire » .

Emmanuel Macron déclare en substance « notre compatriote Boualem Sensal qui a besoin de soins , détenu de manière arbitraire…».

Pire encore, Macron fait de la libération de l’écrivain Franco-algérien, un préalable au rétablissement de la confiance entre les deux pays.

En gros, aucun signe de franche volonté d’engager une quelconque voie d’apaisement de la part du président français dont le message semble beaucoup plus s’adresser à une classe politique interne qui vit de la haine contre l’Algérie.

Mohamed Pimou

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