Le précieux réveil de la banque d’Algérie : Vers une modification des textes pour booster les exportations hors hydrocarbures

Il était temps !

La banque d’Algérie, autorité monétaire par excellence sort de son immobilisme du moins en matière d’implication dans le débat et la recherche des solutions sur le volet exportations.

Ce lundi, une importante réunion a en effet regroupé les responsables de cette institution avec les principaux acteurs de l’économie nationale notamment les exportateurs hors hydrocarbures, l’organisme d’assurance crédit à l’export (la CAGEX ) ainsi que des opérateurs du CREA et enfin des représentants de l’association des banques et établissements financiers  (ABEF).

Une démarche aussi précieuse que nécessaire. La concertation entre les professionnels de la banque d’Algérie et les exportateurs pourrait d’ailleurs aboutir à l’actualisation de certains règlements et autres textes liés à la gestion de ce segment d’activité cher au pays et qui affiche un objectif annoncé de 29 milliards de dollars à l’horizon 2030.

Des contraintes réglementaires rencontrées par les potentiels exportateurs hors hydrocarbures notamment en matière de rapatriement de la devise ou d’ouverture de filiales à l’étranger sont autant de faits à soulever.

L’opérateur algérien est jusqu’ici, au regard des lois relatives au contrôle des changes et du mouvement des capitaux, devant une situation financière peu claire, et loin d’être encourageante: il ne peut disposer librement des devises produites par son exportation.

Le taux de répartition dinars- devises découlant de l’acte d’exporter tel que défini par la réglementation constitue un frein aux objectifs de tout opérateur en ce sens où il ne peut accéder sa devise que dans une limite totalement contraignante.

Cet état de fait qui ne tient en aucun cas compte de la réalité économique comporte un risque majeur, en l’occurrence celui de contraindre l’exportateur à sous déclarer la valeur de son exportation afin de laisser à l’étranger une partie des devises.

En d’autres termes, les textes actuels incitent plutôt à la fraude et faussent totalement les données sur le véritable chiffre des exportations hors hydrocarbures.

C’est dire ou du moins espérer que les responsables de la banque d’Algérie ont pris conscience sur cette faille que ne manqueront sûrement pas de souligner ces opérateurs économiques.

Dans le cadre de la nouvelle loi bancaire et monétaire, il est donc plus qu’urgent de procéder à des correctifs et à la production de textes concrètement encourageants et surtout inspirés par cet esprit de concertation avec les acteurs du terrain.

Espérons que c’est le dernier verrou qui va ainsi sauter pour booster les exportations hors hydrocarbures. Toute la responsabilité repose désormais sur la promptitude et la pertinence des techniciens de la banque d’Algérie.

K. A

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