Diversification économique : Le secteur minier désormais au cœur de la bataille

Avec un potentiel de plus de 1.000 ressources minérales souterraines, notamment le fer, le phosphate, le zinc, l’or et le manganèse, le secteur minier en Algérie recèle des potentialités énormes.
Son exploitation, figure désormais parmi les priorités « absolues » du Gouvernement dans le cadre de la stratégie nationale portant diversification de l’économie nationale et ainsi se départir, quitte graduellement de la dépendance aux hydrocarbures et de la rentre pétrolière.
Les priorités de cette nouvelle politique sont principalement la révision du cadre législatif, le développement et la modernisation de la cartographie minière, la concrétisation des grands projets industriels structurants ainsi que le développement du capital humain.
En attendant l’approbation du projet de loi régissant les activités minières afin de l’enrichir davantage comme ordonné par le président de la République Abdelmadjid Tebboune, lors du Conseil des ministres du 26 novembre dernier.
Le développement des «axes structurants», tels que les gites et gisements aurifères du Hoggar, le plomb et le zinc de Oued Amizour (Béjaïa), le phosphate de Bled El-Hadba (Tebessa et tout l’Est algérien), a été mis au centre des actions engagées.
Quant à la mine de fer de Gara Djebilet, mise en exploitation fin juillet 2022, elle va permettre d’alimenter la sidérurgie nationale et de substituer les importations en matières premières, estimées à 2 milliards de dollars, et d’exporter des quantités importantes de produits fabriqués, et, aussi, créer quelques 3.000 emplois.
Gara Djebilet : Une mine, des richesses.
La mine située à environ 140 km au sud-Est de Tindouf, figure parmi les plus grandes au monde.
Laissé « à l’abandon » des années durant, le projet se concrétise.
Il a d’ailleurs été la première halte du chef de l’Etat, lors de sa visite dans la wilaya de Tindouf.
L’exploitation de ce mégaprojet impulserait ainsi, le développement du secteur minier national ainsi que l’Industrie nationale.
Elle permettrait, outre l’accélération du processus de développement du Sud-ouest du pays via des projets connexes, d’ouvrir de larges perspectives d’exportation.
En plus de ses retombées attendues sur le développement, ce gisement qui recèle des réserves de l’ordre de 3,5 milliards de tonnes, est devenu un modèle parmi les projets de développement intégrés, et dont le président de la République a insisté à maintes reprises sur sa concrétisation dans le cadre d’une approche «intégrée et dans la complémentarité», avec les autres projets industriels et les infrastructures connexes.
Ceux qui croient de ce fait, que le projet a été abandonné ne connaissent pas la véritable histoire de l’exploitation de la mine en question.
Une histoire qui commence dans les faits, en 1952, année de sa découverte. Les années se succèdent depuis, et se ressemblent. Les plus sceptiques n’avaient jamais cru à la faisabilité du projet, notamment vu son éloignement (le port le plus proche est celui de Ghzaouet à 1500 kms de là).
A cela s’ajoutait la qualité du minerai de Gara Djebilet (du phosphore et de l’arsenic), qui nécessitait un nettoyage (chimique).
Une mission dont hérite entre 1980 et 1984, la SNS (alors Société nationale de sidérurgie) Groupe Imetal de nos jours.
La SNS et une entreprise américaine Kaiser, en l’occurrence avaient déposé un brevet pour enlever ces éléments dans des équipements pilotes à El Hadjar.
D’autres essais effectués aux USA n’avaient pas été concluants. L’idée de l’exploitation de la mine n’a été mise de côté que quelques temps puisque relancée avec de nouveaux tests effectués au Mexique et ce dans des fours électriques, une technique très répandue dans le pays.
Malheureusement, les résultats n’ont rien donné d’encourageant.
Le procédé de l’enlèvement du phosphore est relancé à la faveur des nouvelles techniques adoptées dans ce sens.
La technologie avance. Ce qui n’était pas possible dans le temps, l’est aujourd’hui. Et la question du comment débarrasser le minerai du phosphore, une opération sans laquelle le minerai de fer ne pourrait être utilisé, est en phase d’être résolue.
Quoi qu’il en soit, l’exploitation de la mine de Gara Djebilet serait d’un apport considérable pour toute l’Algérie.
La ligne ferroviaire Gara Djebilet-Béchar impulsera le développement économique local.
La ligne ferroviaire Gara Djebilet-Tindouf-Béchar destinée notamment au transport du minerai, revêt une importance capitale en termes de développement, compte tenu du rôle de cet axe vital dans la dynamique économique sans précédent que doit connaitre la région Sud-ouest du pays, et sa contribution dans l’exploitation et la valorisation des richesses minières.
Selon des cadres locaux ainsi que d’universitaires à Tindouf, interrogés par l’APS, cet ambitieux projet a une grande importance pour le développement économique local à travers l’acheminement du minerai de fer vers les installations industrielles d’autres régions du pays, en concrétisation de la démarche de l’Etat visant à valoriser les ressources minières dans la wilaya de Tindouf qui constitue la porte de l’Algérie vers la région Ouest africaine.
Retenue au titre de la stratégie de l’Etat visant la valorisation des richesses minières pour impulser le développement économique, cette ligne de chemin de fer est susceptible de réduire les frais de transport du minerai de fer vers les différentes entités industrielles d’autres régions et de propulser la dynamique économique nationale, a indiqué, le directeur des Travaux publics de la wilaya de Tindouf, Abdelkrim Belkacem.
Pour sa part, le président de la Chambre locale de Commerce et d’Industrie «CCI-Tafagoumt», Nouh Abiri, a estimé que «le projet influera positivement sur la vie socio-économique des citoyens de la région et permettra l’ouverture de nouvelles perspectives aux promoteurs économiques à la faveur notamment de l’allègement des frais de transport des marchandises et les moyens nécessaires à l’exploitation de ce gisement.
De son côté, le Pr. Brikallah de l’Université de Tindouf, pense que «le développement minier devra également générer d’importantes recettes fiscales au bénéfice des infrastructures de base, installations industrielles et des lignes ferroviaires».
Y.O




