Sahara occidental: la MINURSO entre dans la liquidation, mais l’ONU dit rester engagée
Après l’expiration du mandat de la MINURSO le 31 octobre, Jean-Pierre Lacroix assure que l’ONU reste engagée en faveur d’une solution politique garantissant l’autodétermination du peuple sahraoui.
Par Kahina Hammoudi
La fin du mandat de la MINURSO, intervenue le 31 octobre après l’incapacité du Conseil de sécurité à s’accorder sur sa prolongation, marque un tournant lourd de conséquences pour le dossier du Sahara occidental. Le secrétaire général adjoint de l’ONU aux opérations de paix, Jean-Pierre Lacroix, a confirmé mercredi que la mission est désormais engagée dans une phase de liquidation, un développement survenu de manière relativement soudaine.
Interrogé lors d’un point de presse consacré à sa récente visite au Moyen-Orient et à l’actualité des opérations de maintien de la paix, M. Lacroix a assuré que les Nations unies œuvrent, avec le Département de l’appui opérationnel, à un retrait « ordonné » de la mission. Il a toutefois souligné que ce processus exige la pleine coopération de toutes les parties, dans un contexte déjà marqué par les tensions.
Un signal politique fort
Pour le responsable onusien, la disparition de la MINURSO ne doit pas être interprétée comme un désengagement de l’organisation face à l’une des plus anciennes questions de décolonisation inscrites à son ordre du jour. « La fin du mandat de la mission ne modifie pas l’engagement de l’ONU », a-t-il affirmé, rappelant que l’organisation continuera de soutenir une solution politique mutuellement acceptable.
Jean-Pierre Lacroix a réaffirmé la position de l’ONU : un règlement fondé sur le droit du peuple du Sahara occidental à l’autodétermination. Une formule qui, dans un dossier aussi sensible, conserve toute sa portée politique, alors même que le cadre onusien de terrain se dissout.
Appel à la retenue
Face au risque de dérapage, le secrétaire général adjoint a transmis un appel clair aux parties concernées : faire preuve de la plus grande retenue et s’abstenir de toute mesure susceptible d’exacerber les tensions ou de fragiliser la stabilité régionale. Un avertissement qui traduit l’inquiétude de l’ONU alors que la mission, créée pour organiser un référendum, quitte la scène après des décennies d’impasse.
Reste à savoir si, privée de son principal instrument de surveillance sur le terrain, la communauté internationale saura maintenir une dynamique politique crédible. Car au-delà de la liquidation technique de la MINURSO, c’est bien la promesse d’une solution juste et durable pour le peuple sahraoui qui se trouve désormais à l’épreuve.
K. H.




