20 mai 1973–2026 : la résistance sahraouie toujours debout

Par Kahina Hammoudi
Mercredi, le peuple sahraoui commémore le 53e anniversaire du déclenchement de sa lutte armée, date qui marque non seulement un saut dans le temps mais la persistance d’une résistance déterminée face à l’occupation marocaine. Depuis le 20 mai 1973, l’histoire sahraouie se mesure en sacrifices, en exils et en une volonté inébranlable de recouvrer un droit simple et fondamental : l’autodétermination.
Ce souvenir n’est pas une affaire de nostalgie : il s’inscrit dans une actualité lourde. La reprise des hostilités en novembre 2020, après la violation flagrante du cessez-le-feu par le makhzen à Guerguerat, a mis fin à des décennies d’illusions diplomatiques et rappelé que, tant que le peuple sahraoui restera privé de son droit à choisir son destin, la paix restera impossible. Les Sahraouis, dans les territoires occupés, dans les camps de Tindouf et au sein de leur diaspora, renouvellent aujourd’hui leur attachement à ce droit inaliénable et réaffirment leur confiance dans le Front Polisario, porteur du combat politique et militaire pour la libération.
La RASD a peu à peu consolidé sa présence diplomatique, enregistrant des victoires juridiques et politiques qui fragilisent l’illusion d’un règlement imposé par la force. Mais ces progrès ne suffisent pas à protéger les civils sahraouis des méthodes brutales du makhzen. Depuis la reprise des affrontements, Rabat a multiplié l’emploi de moyens meurtriers, y compris des drones, frappant des zones peuplées et s’attaquant délibérément aux populations civiles. Le mur de sable, érigé par le Maroc et protégé par des champs de mines, reste un symbole d’un ordre construit sur l’oppression et la division.
Sur le plan militaire, l’Armée de libération populaire sahraouie a prouvé sa capacité à frapper des cibles stratégiques et à infliger des pertes aux forces d’occupation. Ces actions ne sont pas des actes d’agression gratuite, mais la réponse d’un peuple qui refuse d’être effacé. Elles rappellent aussi à la communauté internationale que, sans pression réelle et sans application stricte des résolutions onusiennes, la diplomatie restera lettre morte.
La responsabilité de la communauté internationale est claire. La MINURSO et l’envoyé spécial de l’ONU doivent cesser les déclarations creuses : l’organisation d’un référendum, consacrée par les résolutions, demeure la seule voie légitime pour sortir de l’impasse. Les États et institutions qui ferment les yeux ou normalisent l’occupation portent une part de responsabilité dans la prolongation de la souffrance sahraouie.
La commémoration de ce 20 mai est aussi un acte de mémoire et d’éducation : conférences, rassemblements et manifestations culturelles rappellent le parcours d’un peuple qui a fait du droit à la liberté sa raison d’être. Elle est une exhortation à l’unité interne — condition nécessaire pour porter plus loin la cause sahraouie — et à la persévérance dans les efforts diplomatiques et juridiques.
Ce 53e anniversaire doit réveiller les consciences. Il rappelle que l’histoire du Sahara occidental n’est pas une fatalité : elle est le produit d’une résistance populaire que rien ne peut effacer tant que le monde ne respectera pas le droit international. Pour que la paix cesse d’être un mot vide, il faut imposer au makhzen l’exécution des résolutions onusiennes et garantir au peuple sahraoui le droit de choisir son avenir — sans conditions, sans manipulations et sans délai.
K. H.




