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1er Novembre: la jeunesse, gardienne d’une mémoire qui ne se négocie pas

Par Rym Hamadi  

Soixante-douze ans après le déclenchement de la glorieuse Révolution de libération nationale, l’Algérie ne célèbre pas seulement une date. Elle renoue avec un serment : celui fait aux martyrs, aux moudjahidine et à toutes celles et tous ceux qui ont choisi la liberté contre la soumission, la dignité contre l’humiliation, la patrie contre le colonialisme. Le 1er Novembre 1954 n’est pas un souvenir poussiéreux : c’est une boussole, un engagement et une responsabilité transmise à chaque génération.

C’est dans cet esprit que le ministère de la Jeunesse a organisé, dimanche à Alger, une conférence nationale sur «La jeunesse et la mémoire», au Pôle scientifique et technologique Chahid Abdelhafid-Ihaddaden de Sidi Abdellah. Sous le thème «De la génération d’hier à la génération d’aujourd’hui : renforcement de la cohésion et de la solidarité nationale», la rencontre a réuni des jeunes de différentes wilayas, des personnalités nationales, ainsi que la moudjahida Houria Toubal et le moudjahid Messaoud Touati.

La mémoire n’est pas un folklore

La mémoire nationale n’est pas un décor commémoratif ni une cérémonie de circonstance. Elle est le socle de la conscience collective. Sans mémoire, il n’y a pas de repères ; sans repères, il n’y a pas de vigilance ; et sans vigilance, les acquis de la Révolution deviennent vulnérables aux modes, aux discours fatigués et aux tentatives de réécriture de l’histoire.

La génération de 1954 a tout donné : sa jeunesse, son sang, ses rêves et son avenir. La génération d’aujourd’hui a un devoir différent, mais tout aussi exigeant : protéger la souveraineté du pays, défendre son unité, refuser la division et faire vivre les idéaux du 1er Novembre dans les universités, les entreprises, les villages, les quartiers et les espaces numériques.

Une jeunesse consciente, engagée, disciplinée

Le ministre de la Jeunesse, chargé du Conseil supérieur de la jeunesse, Mustapha Hidaoui, a rappelé la place centrale des jeunes dans l’Algérie nouvelle. Il a insisté sur la nécessité d’en faire de véritables partenaires du développement national, capables d’agir dans tous les domaines et d’assumer leur responsabilité face aux défis du pays.

« La formation d’une jeunesse consciente, engagée et disciplinée, capable de contribuer à la protection du pays et de relever les différents défis, constitue une nécessité impérieuse », a-t-il affirmé. Ce n’est pas un slogan : c’est un programme de combat. Une jeunesse consciente ne se laisse pas manipuler ; une jeunesse engagée ne déserte pas son pays ; une jeunesse disciplinée ne confond pas la liberté avec l’abandon.

Des structures pour canaliser les énergies

Le ministre a également mis en avant les efforts déployés pour construire un écosystème intégré de mobilisation et d’encadrement de la jeunesse, à travers le Conseil supérieur de la jeunesse, les réseaux de jeunes, la réhabilitation des établissements du ministère et le lancement de programmes destinés à organiser et orienter les énergies juvéniles.

L’enjeu est clair : ne pas laisser la jeunesse seule face au découragement, à la précarité ou aux fléaux sociaux. Il faut lui donner des espaces, des repères, des responsabilités et des perspectives. Car une jeunesse qui croit en son pays devient une force ; une jeunesse qu’on néglige devient une fragilité.

Des créateurs de contenu au service de la mémoire

La conférence a aussi distingué les lauréats du Festival national des créateurs de contenu, ainsi que les vainqueurs des différents festivals organisés par le ministère de la Jeunesse, consacrés à l’ancrage de la mémoire nationale chez les jeunes et à la lutte contre les fléaux sociaux.

C’est un signal fort : la mémoire doit aussi parler le langage de son temps. Les réseaux sociaux, la vidéo, le podcast, l’image et le récit numérique peuvent devenir des armes de transmission, à condition qu’ils servent la vérité historique, la fierté nationale et la solidarité entre les Algériennes et les Algériens.

Le 1er Novembre, un contrat avec l’avenir

Le 1er Novembre n’appartient pas au passé : il appartient à ceux qui le font vivre. Il appartient aux jeunes qui étudient, créent, innovent, défendent leur pays et refusent que l’on touche à son unité, à sa souveraineté ou à sa dignité. La Révolution a libéré l’Algérie ; il revient désormais à la jeunesse de la protéger, de la développer et de la faire rayonner.embabuja.mfa.gov+1

La meilleure façon d’honorer les martyrs n’est pas seulement de se recueillir devant leur mémoire. C’est de continuer leur combat, autrement mais avec la même fidélité : par le savoir, le travail, la solidarité, la création et l’engagement. C’est cela, la véritable continuité du 1er Novembre.

R. H. 

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