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Vols directs Maroc–Entité sioniste

Entre illusion économique et soumission politique

Par Kahina Hammoudi

Les discussions ouvertes entre le Maroc et l’entité sioniste pour la reprise des vols directs — suspendus depuis octobre 2023 — ne sont pas un simple retour à la normale. Elles révèlent une vérité lourde : la dépendance stratégique du royaume vis-à-vis d’un voisin dominateur, qui impose sa loi à travers le prisme de la sécurité. Cette suspension, dictée par le Conseil de sécurité nationale de l’entité sioniste, qui a élevé le niveau d’alerte sur le sol marocain, jette une lumière crue sur un Maroc qui se soumet sans frémir.

Il ne s’agit plus d’un simple embrouillamini aérien : c’est une soumission tacite, un pliage silencieux devant l’ordre venu de Tel-Aviv. Depuis l’ombre des Accords d’Abraham en 2020, la coopération Maroc–entité sioniste a suivi un crescendo inquiétant : investissements technologiques, échanges commerciaux accrus, flux touristiques plus intenses. Mais derrière ce mirage de prospérité, la reprise des vols s’annonce comme une victoire symbolique pour l’entité sioniste — elle qui dicte ses conditions, tout en offrant au Maroc une pâle illusion d’autonomie économique.

Le royaume plie devant une exigence sécuritaire venue d’ailleurs. C’est le théâtre d’une normalisation qui masque une réalité crue : le Maroc ne définit plus sa politique que sous le regard et les ordres de son allié sioniste. Ces vols, présentés comme un pont d’échanges et de prospérité, servent en réalité d’outils pour verrouiller l’économie marocaine, pour contrôler la mobilité et imposer une tutelle sournoise.

Dans cette farce diplomatique, c’est la ministre des Transports de l’entité sioniste, Miri Regev, qui commande la cadence, saluant la reprise prochaine de ces liaisons, pendant qu’à Rabat, on suit docilement, sans garantie d’égalité ni de respect réel. Tout dépend désormais du feu vert d’un Conseil de sécurité qui agit en maître sur la souveraineté marocaine, attestant une fragilité inquiétante.

Rouvrir ces lignes directes, c’est plus qu’un simple geste commercial : c’est un signal politique lourd de sens, adressé aux citoyens, à la région, au monde entier. C’est l’intégration explicite du Maroc dans un engrenage de dépendance, où la diplomatie économique n’est qu’un masque pour mieux cacher les chaînes imposées par Tel-Aviv. Chaque secteur, chaque ouverture — transport, tourisme, commerce — devient l’arme d’une emprise stratégique renforcée, un rappel brutal que la souveraineté marocaine se débat dans l’ombre d’un partenaire tout-puissant.

K. H.

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