Universités algériennes : 10 millions $ d’export d’ici 2027, la révolution productive selon Kharchi

Par Kahina Hammoudi
Le professeur Issak Kharchi, directeur de l’École supérieure de commerce (ESC), pose les bases d’une révolution silencieuse : faire des universités algériennes des moteurs incontournables de la croissance économique nationale. Dans un entretien accordé à l’émission Économie multimédia, il détaille la vision du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique : bâtir une chaîne intégrée reliant formation académique, recherche et tissu économique, pour produire des compétences exp.ortables capables de conquérir les marchés étrangers.
Une stratégie d’intégration globale
Kharchi insiste sur l’analyse prospective des marchés internationaux et le développement de produits compétitifs. L’université ne serait plus un silo isolé, mais une plateforme de production de talents aptes à booster les exportations non pétrolières – un enjeu vital alors que les hydrocarbures représentent encore plus de 90% des recettes d’export de l’Algérie, malgré les efforts de diversification lancés depuis la crise des années 1980.
Des retours concrets à l’horizon
Ce positionnement pourrait générer des revenus directs de 10 millions de dollars d’ici fin du premier semestre 2027, selon Kharchi. L’enjeu dépasse le cadre sectoriel : il s’agit d’un choix souverain qui redéfinit le rôle du supérieur et de la recherche au cœur d’une économie nationale débarrassée de sa dépendance aux hydrocarbures.
Un pari stratégique pour la diversification
À condition que l’Algérie gagne sa bataille du rééquilibrage économique et du soutien aux exportations non pétrolières, l’université « productive » pour l’export deviendra le fer de lance d’un nouveau paradigme. Une vision pragmatique qui replace l’enseignement supérieur au diapason des priorités nationales.
Des retours chiffrés ambitieux
Ce chiffre n’est pas une vue de l’esprit : il s’appuie sur une accélération des exportations hors hydrocarbures, qui ont progressé de manière modeste ces dernières années (environ 5-7 milliards de dollars annuels récemment), mais restent vulnérables aux fluctuations des prix mondiaux. Kharchi, consultant régulier et figure active sur les réseaux (Instagram @ishak_kherchi), voit dans cette « université productive » un levier pour stabiliser les recettes et réduire la volatilité économique.
Pari souverain sur la diversification
« Ce n’est pas un choix sectoriel, mais un décision souveraine », assène-t-il, reliant explicitement cette réforme au cœur de la stratégie nationale post-hydrocarbures. L’Algérie mise sur la diversification depuis plus d’une décennie, avec des plans comme la création d’organismes dédiés (CACI, ALGEX) et des facilités douanières pour les PME exportatrices. Succès des universités et victoire contre la mono-dépendance sont intimement liés : produire des ingénieurs, managers et chercheurs tournés vers l’export, c’est redessiner l’économie nationale pour l’après-pétrole.
Contexte et perspectives
Directeur de l’ESC Kolea, Kharchi est un habitué des interventions médiatiques, de la Semaine mondiale de l’entrepreneuriat aux débats sur les salaires et l’emploi. Sa proposition s’inscrit dans un élan plus large : le gouvernement cible une croissance des exportations hors hydrocarbures via l’innovation et les IDE, pour répartir les risques et stimuler la réallocation sectorielle. À l’heure où l’Algérie négocie son virage économique, cette vision pourrait transformer les campus en hubs stratégiques, à condition d’un suivi opérationnel rigoureux.
K. H.




