Une trêve et des leçons à Ghaza

Après 59 jours d’intenses combats entre les combattants palestiniens et l’armée israélienne et de souffrances subies par le peuple palestinien, un cessez-le-feu commencera à être observé dès ce vendredi.
Un soulagement pour les populations meurtries, notamment à Ghaza, et une victoire tactique des résistants palestiniens.
La trêve, qui commence ce vendredi matin, durera théoriquement 4 jours durant lesquels au moins 150 Palestiniens, des femmes et des mineurs de moins de 19 ans seront libérés, contre 50 civils israéliens détenus par les factions palestiniennes.
C’est un ratio de 1 contre 3 qu’ont pu obtenir les Palestiniens qui ont réussi à arracher d’autres acquis : arrêt du survol de la partie Sud et zone d’exclusion aérienne de 6 heures pour la région Nord de la bande de Ghaza ; l’objectif étant d’éviter des opérations d’espionnage et surtout de repérage des lieux de retrait des combattants palestiniens.
C’est d’ailleurs durant cette période d’accalmie que les otages israéliens et ceux d’autres nationalités vont être relâchés, par petits groupes de 12 personnes.
Ils seront acheminés, via la Croix Rouge internationale, vers l’Egypte qui les transmettra, par la suite, à leurs pays.
A cela s’ajoute l’entrée d’au moins 200 camions d’aide humanitaire –médicaments, eau, nourriture- et 4 camions citernes de carburant par jour.
A cela s’ajoute la possibilité pour les habitants de la Zone Nord de Ghaza de descendre plus au Sud.
Cette trêve n’est visiblement pas la dernière. Elle pourra être reconduite en contrepartie de la libération d’autres otages.
Au-delà des aspects techniques, cette trêve a prouvé que contrairement au discours tenu en Occident, la résistance palestinienne, plus particulièrement le Hamas, a réussi à s’imposer comme véritable représentant du peuple palestinien.
Malgré la douleur, le sang et les destructions, ce mouvement a gagné le pari de remettre au-devant de la scène internationale la question palestinienne.
N’en déplaise aux supporters de l’extension du sionisme, le groupe islamiste est devenu aujourd’hui un élément incontournable de l’équation et, quoiqu’on dise, aucune solution qui consiste à imposer des choix téléportés ne marcheront tant que les Palestiniens n’auront pas donné leur accord.
Cela servira également de leçon pour les pays qui n’ont pas le courage de soutenir la résistance palestinienne.
Cette trêve et surtout la satisfaction d’une bonne partie des exigences des factions palestiniennes servira, à coup sûr, d’exemple à d’autres groupes de résistance qui comprennent que malgré les pertes en vies humaines, les destructions et les drames, seule la lutte paie.
C’est tout ce que l’Histoire retiendra.
Akli O.




