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Pharmacie : de nouveaux textes réglementaires attendus

Par Racim El Hadi

Le ministre de la Santé, Mohamed Seddik Ait Messaoudene, a annoncé la publication prochaine de plusieurs décrets destinés à moderniser l’exercice de la pharmacie. Parmi eux, l’un encadre la prescription des produits pharmaceutiques et un autre réserve la vente des compléments alimentaires aux seuls pharmaciens. Il a également annoncé l’élaboration d’une carte sanitaire nationale.

Ces annonces ont été faites aujourd’hui à Alger, à l’ouverture de la deuxième Conférence internationale de la pharmacie, organisée par le Conseil national de l’Ordre des pharmaciens d’Algérie (CNOPA) et coprésidée par le ministre de l’Industrie pharmaceutique, Ouacim Kouidri. La rencontre a réuni notamment le président de l’Inter Ordre des pharmaciens d’Afrique (IOPA), Mustapha Laroussi, des représentants d’organismes onusiens, des parlementaires, des diplomates et des universitaires algériens et étrangers.

Un décret pour mieux encadrer la prescription

Selon M. Ait Messaoudene, ces textes visent à adapter la réglementation à l’évolution des pratiques de santé et à renforcer la responsabilité des professionnels. Son département a préparé un projet de décret exécutif définissant les conditions de prescription des produits pharmaceutiques. Il a pour but de clarifier les règles de prescription et de délivrance et de favoriser un usage plus rationnel des médicaments. Adopté en Conseil des ministres, le texte est en cours de finalisation avant sa parution au Journal officiel.

Compléments alimentaires : la vente réservée aux pharmaciens

Un second décret exécutif, élaboré avec les secteurs et organismes concernés, fixe les caractéristiques techniques des compléments alimentaires destinés à l’usage humain. Lui aussi validé par le Conseil des ministres, il est en cours de publication. Sa mesure principale est de confier exclusivement au pharmacien la délivrance de ces produits. Les autorités entendent ainsi orienter le consommateur vers un usage adapté, améliorer la sécurité et la qualité des produits et limiter les risques liés à une consommation désordonnée ou excessive.

Le ministre y voit une avancée vers un dispositif national moderne, aligné sur les référentiels internationaux et protecteur pour le consommateur.

Souveraineté sanitaire et ouverture sur l’Afrique

La conférence se tient sous le thème « Souveraineté nationale, ouverture africaine pour une santé durable ». Pour le ministre, cet intitulé touche à la sécurité sanitaire du pays et à l’avenir de son système de santé dans son cadre continental. Il a précisé que la souveraineté ne signifie pas le repli : elle suppose une ouverture, en particulier vers l’Afrique, fondée sur le partage d’expertise, la formation, la recherche scientifique et une coopération accrue en matière de réglementation, de contrôle et de production pharmaceutique.

Une carte sanitaire nationale en préparation

Le ministre a indiqué qu’une planification efficace suppose de bien connaître les besoins et leur répartition. Son ministère va donc élaborer une carte sanitaire nationale, régulièrement actualisée, pour faire correspondre l’offre de soins aux besoins réels de la population, rapprocher les services du citoyen et renforcer l’équité entre les territoires.

Cette carte englobera l’ensemble du secteur, y compris le réseau des officines et les laboratoires d’analyses médicales, considérés comme des structures de proximité essentielles. Elle servira aussi à répartir équitablement les équipements médicaux et les ressources humaines selon les besoins de chaque région.

L’industrie pharmaceutique en chiffres

De son côté, M. Kouidri a insisté sur la coopération pharmaceutique africaine et le rapprochement des réglementations. Il a évoqué le travail en cours pour établir en Algérie une plateforme pharmaceutique stratégique africaine (HUB), destinée à fournir aux pays du continent des médicaments et produits de santé essentiels, notamment des vaccins, dans une logique de coopération Sud-Sud.

Il a ajouté que l’Algérie, avec l’Organisation mondiale de la santé (OMS), cherche à faire reconnaître son système national de contrôle et de régulation pharmaceutique au niveau de maturité 3. Il a qualifié le CNOPA de partenaire essentiel pour la régulation de la profession, son éthique et la qualité des pratiques.

Selon les chiffres cités par le ministre, le secteur compte près de 230 entreprises. La production a atteint 4,9 milliards de dollars en 2025 et couvre 82 % des besoins du marché en valeur, avec un taux de fabrication intégrée de 95 %.

Une base solide pour coopérer avec l’Afrique

Le président du CNOPA, Noureddine Mettioui, a affirmé que le pays dispose d’un socle pharmaceutique lui permettant d’élargir son rôle à la production, au transfert de technologie, à la formation, à la recherche et au partage d’expertise avec ses partenaires africains.

Le président de l’IOPA a pour sa part estimé que l’Afrique réunit les atouts nécessaires pour relever le défi de la souveraineté sanitaire : jeunesse de la population, compétences scientifiques, ressources naturelles et volonté politique. Il a appelé à les convertir en capacités industrielles, en s’inspirant du modèle algérien.

R. E. 

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