Train Alger–Tamanrasset: l’Algérie décroche un deuxième prêt de 878 millions $ auprès de la BAD

Par Nadera Rebiai

La Banque africaine de développement (BAD) a approuvé un nouveau financement de 878,09 millions de dollars destiné à la deuxième phase de la ligne ferroviaire Alger–Tamanrasset, ce prêt s’ajoute à un premier engagement de 747,32 millions d’euros accordé en décembre 2025, portant le soutien total de l’institution à plus de 1,6 milliard de dollars pour ce projet phare du président Abdelmadjid Tebboune, souvent présenté comme le projet du siècle.

Avec ces deux engagements successifs, la BAD s’impose désormais comme l’un des principaux bailleurs de fonds internationaux de la ligne, aux côtés des financements publics algériens mobilisés pour ce mégaprojet saharien.

Un tronçon stratégique de 495 km

La décision du Conseil d’administration de la BAD, annoncée les 14 et 15 juillet 2026, concerne la réalisation du tronçon Laghouat–Ghardaïa–El Meniaâ, long de 495 kilomètres, dont 230 km d’infrastructures entièrement neuves entre Ghardaïa et El Meniaâ; le premier financement de décembre 2025 avait déjà permis de lancer les études avancées et les premiers travaux préparatoires sur cette même section.

Désenclaver le Grand Sud

Le financement doit permettre de relier les wilayas de Laghouat, Ghardaïa et El Meniaâ — puis à terme In Salah et Tamanrasset — au réseau ferroviaire national et aux ports méditerranéens, dont ‘objectif est : faciliter l’exportation du minerai de fer, du phosphate et des produits agricoles sahariens, dont le transport routier reste aujourd’hui coûteux et complexe.

À plus long terme, cet axe est appelé à devenir la colonne vertébrale algérienne du futur corridor transsaharien Algérie–Mali–Niger, renforçant la position du pays comme porte d’entrée entre l’Europe et l’Afrique subsaharienne.

Ce que couvre le prêt

Au-delà des travaux de génie civil (plateforme ferroviaire, ouvrages d’art, tunnels et viaducs si nécessaires), le financement inclut :
– la construction de gares et d’espaces logistiques le long du tronçon ;
– l’installation des systèmes de signalisation, de télécommunication et de sécurité ;
– le renforcement des capacités du ministère des Travaux publics et des Infrastructures de base, ainsi que des opérateurs publics du secteur ferroviaire.
La maîtrise d’ouvrage reste confiée au ministère des Travaux publics, en coordination avec les entreprises publiques chargées de la réalisation et de l’exploitation futures de la ligne.

Un chantier qui défie la contrainte désertique

Le défi technique reste de taille : poser des rails sur des centaines de kilomètres de désert, entre dunes mouvantes, températures extrêmes et éloignement des centres urbains, ces contraintes expliquent en partie le recours à des financements de longue durée et à une ingénierie ferroviaire de pointe, appuyée par des institutions comme la BAD.

Calendrier : mise en service avant 2030

Les appels d’offres pour le segment Ghardaïa–El Meniaâ devraient être lancés dans les prochains mois, afin de tenir ce calendrier resserré, le projet global vise à terme une ligne de plus de 2 000 km entre Alger et Tamanrasset, avec des prolongements possibles vers les frontières sud, dans le cadre d’un corridor transsaharien intégré.

Au-delà de la prouesse technique, le projet est aussi porteur d’enjeux économiques directs : réduction des coûts de transport, gains de compétitivité pour les produits du Sud, créations d’emplois et structuration de nouvelles zones économiques autour des futures gares.

N.R

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