Tebboune fixe le cap : Pape, élections, économie, Mali et libertés… Souveraineté en ligne de mire

Par Kahina Hammoudi
Le Président Abdelmadjid Tebboune a livré samedi soir, lors de son entretien mensuel avec la presse nationale diffusé à 21h sur la télévision publique, un bilan franc et prospectif. De la visite du Pape Léon XIV aux législatives du 2 juillet, en passant par l’économie et le Sahel, il trace un sillon clair pour une Algérie, ancrée dans ses constantes.
Visite du Pape : fin du mythe colonial, ambassade vaticane en vue
«Le Pape connaît l’Algérie par cœur, jusqu’à ses racines pré-saint-augustines. Il a brisé le mythe de l’ancien colonisateur qui prétendait nous avoir créés», affirme Tebboune. Cette étape historique (13-15 avril), avec la prière pontificale à la Grande Mosquée d’Alger, repositionne l’Algérie comme pont méditerranéen du vivre-ensemble. «J’ai proposé une ambassade du Vatican ici, il a accepté».
Libertés : expression garantie, mais unité nationale intouchable
Fustigeant les «relais de la cinquième colonne» instrumentalisés par l’étranger, Tebboune réaffirme : «Liberté d’expression oui, à condition de respecter la Constitution, l’identité (islam, amazighité, arabité) et les traditions. Insulte et diffamation ? La justice libre tranche. » Pas de retour au chaos pré-2019 : «Quiconque touche l’unité paiera».
Législatives du 2 juillet : ANIE seule garante, zéro tolérance à la fraude
«Interdiction formelle d’ingérence administrative. Le ‘tazwîr’ est banni du vocabulaire depuis 2019», martèle le Président. L’ANIE gère les urnes sans interférence. Sur les rumeurs d’achat de cartes partisanes : «Poursuites pénales, révocation, levée d’immunité via la Cour constitutionnelle. Nul n’est au-dessus de la loi».
«Arrachez votre place»
Oubliez les idées rétrogrades : la femme qui a libéré le pays mérite l’égalité totale en politique. «La femme algérienne, qui a combattu et libéré la patrie, a les mêmes droits que l’homme en politique», martèle Tebboune. Pas de paternalisme : «Elle doit arracher sa place elle-même, prouver sa compétence dans tous les domaines, surtout en politique». Un appel à l’action, pas à la charité.
Première ministre ? « Si elle est compétente, pourquoi pas »
Ouverture totale au sommet : «Je n’ai aucune objection à nommer une femme Première ministre, si la compétence est là». Un signal fort pour la femme algérienne et un hommage à son combat et sa persévérance.
Économie : traque des mafias, diversification et pouvoir d’achat
«Viré la issaba de la surfacturation, surgit celle de la sous-facturation : 350 millions de dollars non rapatriés sur les exportations non-hydrocarbures», dénonce Tebboune. Interdiction des minerais bruts, scission hydrocarbures/mines, augmentations salariales via croissance réelle. Spéculation agricole (mudâraba) et moutons de l’Aïd ? « Intolérable, sanctions lourdes. L’État protège les subsides des citoyens sans hypothéquer l’indépendance».
International : Mali fraternel, USA respectueux
Mali : «Peine profonde, contacts indirects avec Bamako. On aime nos frères, pas d’ingérence – la force ne règle rien face à l’extrémisme». USA : «Respect mutuel, souvenirs de l’ONU en guerre de Libération. Pas de base étrangère, amitiés avec tous (Russie, Chine).
Un cap souverain pour l’Algérie
Institutions consolidées, économie en pivot, diplomatie active : cet entretien pose les garde-fous à l’approche des législatives. Tebboune interpelle : souveraineté, unité, compétence – les maîtres-mots d’une gouvernance mature.
K. H.




