Sous la présidence de l’Algérie, le Conseil de paix et de sécurité africain examine les derniers développements politiques, sécuritaires et humanitaires au Sahel

Le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine, sous la présidence de l’Algérie, a tenu une réunion consacrée à une présentation exhaustive sur l’évolution de la situation dans la région du Sahel, au cours de laquelle ont été examinés les derniers développements politiques, sécuritaires et humanitaires, ainsi que les droits de l’homme et les défis économiques et sociaux auxquels font face les pays de la région.
Cette réunion a permis d’évaluer les développements actuels. Le commissaire aux Affaires politiques, à la Paix et à la Sécurité de l’Union africaine, Bankole Adeoye, ainsi que le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies et chef du Bureau des Nations unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel, Leonardo Santos Simão, ont présenté les efforts internationaux, continentaux et régionaux déployés pour faire face au terrorisme et à la criminalité transnationale organisée, dans le but de renforcer la stabilité, de consolider les institutions étatiques et de soutenir la paix et le développement durable, selon une approche globale fondée sur le respect de la souveraineté des États, le renforcement de la coopération régionale et le traitement des causes profondes des crises.
Il convient de noter que cette réunion a été précédée d’une session de coordination réunissant les pays du Sahel et les pays voisins, afin d’échanger leurs points de vue sur les développements actuels.
Dans son intervention lors de la séance d’ouverture, l’ambassadeur d’Algérie et représentant permanent auprès de l’Union africaine, Mohamed Khaled, a affirmé que cette réunion se tenait dans un contexte marqué par l’aggravation des défis sécuritaires et humanitaires au Sahel, soulignant que la région est devenue l’une des plus durement touchées par le terrorisme et la criminalité organisée, ainsi que par des crises humanitaires aiguës, l’insécurité alimentaire et la montée de la migration irrégulière.
L’ambassadeur a précisé que la sécurité et la stabilité de la région du Sahel sont étroitement liées à la sécurité de l’ensemble du continent africain, insistant sur le fait que faire face à ces défis exige un renforcement de la coordination et de la coopération régionales.
À cet égard, le président du Conseil a salué la nouvelle dynamique et la volonté réelle manifestée par les pays du Sahel de renforcer leurs relations avec les pays voisins et de la région, y voyant un signe de la prise de conscience mutuelle de la nécessité de coopérer pour vaincre le terrorisme transfrontalier. Il a affirmé que la réunion visait à formuler des recommandations concrètes de nature à renforcer l’action africaine commune et à contribuer à l’ancrage de la sécurité et du développement durable.
Concernant la présentation faite devant le Conseil, celle-ci a passé en revue les efforts déployés aux niveaux régional et international pour renforcer la sécurité et l’autorité de l’État, tout en soulignant la persistance des défis économiques malgré les signes de résilience enregistrés par certaines économies de la région.
La présentation a également abordé les efforts déployés par l’Union africaine à travers l’engagement politique de haut niveau, la diplomatie préventive et le soutien au dialogue, illustrés récemment par la visite effectuée par le président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, au Mali et au Burkina Faso en juillet dernier.
Le Conseil de paix et de sécurité a souligné la nécessité de poursuivre un dialogue constructif avec les autorités des pays du Sahel, en soutien à des processus nationaux inclusifs et crédibles, insistant sur l’importance de renforcer la coopération entre l’Union africaine, les États membres, ainsi que les groupements et mécanismes régionaux concernés, afin de garantir une réponse collective face au terrorisme et à la criminalité organisée, à travers l’intensification de l’échange d’informations, le renforcement de la sécurité des frontières et le développement d’opérations conjointes.
À l’issue de ses délibérations, le Conseil a appelé à renforcer les capacités d’alerte précoce et de prévention des conflits, à lutter contre l’extrémisme violent et à tarir les sources de financement du terrorisme, ainsi qu’à intensifier l’aide humanitaire destinée aux personnes déplacées, aux réfugiés et aux pays d’accueil, en garantissant son acheminement de manière sûre et régulière. Il a également lancé un appel aux institutions financières africaines et internationales ainsi qu’aux partenaires du développement pour qu’ils poursuivent leur soutien aux programmes de relance économique et de renforcement de la résilience, et qu’ils s’attaquent aux causes profondes de l’instabilité, telles que la pauvreté, le chômage, l’insécurité alimentaire et les effets croissants du changement climatique.
Le Conseil a enfin affirmé que la région du Sahel demeure d’une importance stratégique pour le continent, et qu’une paix durable exige le renforcement de la coopération régionale, une gouvernance responsable et l’adoption d’une approche globale conjuguant sécurité, développement et bonne gouvernance.
R. I.




