Ségolène Royal à Alger : un signal fort pour panser les plaies franco-algériennes

Par Kahina Hammoudi
Fraîchement aux manettes de l’Association France-Algérie (AFA), Ségolène Royal a débarqué ce lundi à Alger pour quatre jours intenses. Invitée par la Chambre algérienne de commerce et d’industrie (Caci) et la Chambre de commerce et d’industrie algéro-française (Cciaf), sa visite tombe à pic, au cœur d’un bras de fer diplomatique qui a plombé les échanges entre Paris et Alger. Objectif affiché : relancer le business et recoller les morceaux après des années de froid glacial.
Elle l’a confirmé elle-même sur ses réseaux : «Les peuples et jeunesses de nos deux pays espèrent dialogue, respect, vérité et projets d’avenir» . Royal arrive avec un programme taillé pour l’écoute et la construction : rencontres économiques, sans doute des tête-à-tête avec les patrons du CAC, mais le menu détaillé reste sous le coude pour l’instant. Dans un contexte où le commerce franco-algérien a chuté en piqué – retombée directe des crises diplomatiques –, ce déplacement sonne comme un vent de désescalade, salué par les observateurs comme un pas concret vers le réchauffement.
Une voix française qui tranche dans le vif des tensions
Rappel des faits : au pic des frictions Alger-Paris, Ségolène Royal s’est érigée en rempart contre l’extrême droite et ses discours anti-algériens. L’ex-ministre et candidate PS de 2007 a balayé le racisme ambiant, plaidé pour l’apaisement et une relation ancrée dans le respect historique. Une posture mesurée, rare du côté français, qui lui vaut respect et écoute des deux bords de la Méditerranée.
Lors de son intronisation à l’AFA en décembre, elle a mis les points sur les i : « L’amitié Algérie-France n’est pas une option vacillante, c’est une nécessité humaine, morale, économique, réparatrice. » Elle martèle la mémoire coloniale comme un « droit de reconnaissance », socle pour des projets tournés vers l’avenir. « Nous devons la réconciliation à notre jeunesse », insiste-t-elle, visant les secteurs productifs et porteurs.
L’AFA, machine à réconcilier depuis 1963
Fondée le 20 juin 1963 sous l’égide de De Gaulle par Edmond Michelet et Germaine Tillion, l’Association France-Algérie pousse depuis soixante ans pour une relation d’estime post-indépendance. Aujourd’hui avec Royal à la barre, Jean-Pierre Chevènement en président d’honneur et Samia Jaber comme déléguée générale, elle multiplie colloques, rencontres et initiatives culturelles pour tisser des liens économiques, scientifiques et humains équilibrés. Cette visite à Alger ? Un coup d’accélérateur pour deux rives qui en ont désespérément besoin.
K. H.




