Sahara Occidental: Pékin réaffirme son engagement pour l’autodétermination et critique une résolution déséquilibrée

Par Kahina Hammoudi
Dans une posture empreinte de fermeté et de clarté, la Chine a pris soin de préciser la portée de son abstention lors du récent vote du Conseil de sécurité concernant la prorogation du mandat de la MINURSO jusqu’au 31 octobre 2026.
Par la voix d’un porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Pékin a répété son soutien indéfectible au principe fondamental d’un règlement onusien, ancré dans le respect des droits souverains du peuple sahraoui.
Néanmoins, cette adhésion à la mission longue de la MINURSO n’efface pas une critique sévère portée contre un texte qu’elle qualifie d’injustement déséquilibré.
«Le renouvellement du mandat est nécessaire», a-t-on déclaré, mais «le contenu adopté ne reflète pas de manière équitable les préoccupations de toutes les parties, ni la mosaïque des initiatives présentées». Cette réserve, marque d’une diplomatie rigoureuse et attentive aux équilibres, explique l’abstention chinoise ; un geste lourd de sens qui dénonce autant qu’il interpelle.
Depuis la cité interdite, la voie politique conserve son rang de pilier incontournable dans le règlement de ce conflit. L’ONU, et plus précisément le Conseil de sécurité, demeure ainsi l’enceinte privilégiée et légitime pour mener le dialogue vers une solution juste, stable et respectueuse de l’atavique droit à l’autodétermination.
Dans cette lumière, la diplomatie chinoise exhorte les protagonistes à renouer un dialogue d’égal à égal, condition sine qua non d’un compromis durable. Pékin, fidèle à son credo de neutralité constructive, rejette tout manichéisme, notamment les formulations biaisées qui tendent à sanctifier les prétentions unilatérales du Makhzen et son fallacieux «plan d’autonomie».
Réaction de l’Algérie : la voix ferme de Attaf en écho à Pékin
Dans ce contexte, Alger trouve une résonance profonde à travers les propos clairs et diplomatiquement réaffirmés par M. Attaf, ministre des Affaires étrangères.
Rappelant le refus constant de l’Algérie de réduire la question du Sahara occidental à un affrontement bilatéral avec le Maroc, il insiste sur la singularité de ce dossier en tant que question de décolonisation relevant exclusivement du droit international.
«La position algérienne est inébranlable : seul un référendum libre et transparent sous l’égide exclusive de l’ONU pourra aboutir à un règlement véritablement légitime», déclare-t-il avec conviction. Attaf perçoit dans l’abstention chinoise un message fort adressé à Rabat et à ses alliés, une invitation à reconnaître le cadre multilatéral et juridique régissant le sort du peuple sahraoui, et à rejeter toute tentative d’imposer une solution ancrée dans le déséquilibre et l’injustice.
Cette convergence sino-algérienne renforce la quête d’un horizon juste, ouvrant la voie à un avenir où la dignité sahraouie sera enfin honorée.
K. H.




