Sahara Occidental : Le Conseil de sécurité capitule devant le plan américain, une trahison politique et juridique

Par Kahina Hammoudi
Un coup de tonnerre obscurcit le siège de l’ONU à New York ce 31 octobre. Le Conseil de sécurité, soumis aux pressions et aux compromissions, vient d’adopter une résolution qui fragilise dramatiquement la cause sahraouie.
En cautionnant le plan d’autonomie marocain, présenté depuis 2007 comme la « solution la plus réalisable », la communauté internationale tourne le dos à près d’un demi-siècle de lutte pour la décolonisation et la justice.
Onze voix se sont rangées derrière ce texte, aucun vote contre, trois abstentions.
L’Algérie, refusant de participer à cette mascarade, assume une position ferme et souveraine. Son geste est un cri d’alerte : il refuse de légitimer un enfouissement cynique du droit international.
Cette résolution affranchit de toute contrainte le Maroc, en positionnant son projet d’autonomie — un habillage illusoire du maintien de la souveraineté marocaine — comme la seule base des négociations futures.
Une entorse flagrante à la Charte des Nations unies qui définit clairement le Sahara Occidental comme un territoire non autonome dont le peuple sahraoui conserve le droit inaliénable à l’autodétermination.
Cette adoption n’est pas une simple affaire technique, c’est une formidable dérive politique qui transforme une question de décolonisation en banal contentieux territorial entre « voisins », effaçant ainsi la légitimité du combat sahraoui.
L’Algérie, gardienne du droit international face à l’injustice
Depuis 1975, l’Algérie porte, seule et avec constance, la voix de la raison et de la justice. Pour elle, le Sahara Occidental ne relève pas de la souveraineté marocaine. Le Front Polisario, seul représentant reconnu des Sahraouis, détient le droit exclusif de décider de leur destin.
En refusant de voter, Alger rejette un texte qui enterre la promesse d’un référendum libre et transparent, allant contre l’impératif moral et juridique du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.
Et cette position n’est pas isolée : la jurisprudence de la Cour de justice de l’Union européenne, rendue publique le 4 octobre 2024, confirme que toute entente incluant le Sahara Occidental exige le consentement explicite du peuple sahraoui, représenté par le Front Polisario.
Face à ces faits juridiques et moraux, les tentatives de contourner ou d’ignorer le principe d’autodétermination sont des violations ouvertes du droit international, inacceptables et condamnables.
Le référendum : l’unique porte vers une paix juste et durable
L’attitude diplomatique algérienne reste claire et déterminée : seule la voie onusienne authentique, intégrant toutes les parties, notamment le Front Polisario, garantit un règlement juste.
Le référendum d’autodétermination, longtemps promis et jamais tenu, demeure la seule solution légitime pour clore ce conflit historique. Refuser ce mécanisme, comme tente de le faire aujourd’hui le Conseil de sécurité, c’est sceller le sort d’un peuple colonisé, c’est condamner la région à un avenir d’instabilité et d’injustice.
Le discours algérien est le dernier rempart d’une légitimité historique, juridique et diplomatique face à une ONU qui, à force de compromis opportunistes, bafoue ses propres principes fondateurs.
Le Sahara Occidental n’est pas un enjeu politique secondaire, c’est un test moral et juridique pour l’ordre international. Il reviendra au peuple sahraoui et à son Front Polisario de rejeter cette manœuvre et de continuer leur combat invincible pour la liberté.
Appel à la solidarité internationale
Aujourd’hui plus que jamais, la cause du Sahara Occidental appelle à une mobilisation mondiale, citoyenne, politique et humanitaire. Ce combat dépasse les frontières et interpelle la conscience collective des peuples épris de justice.
La lutte du peuple sahraoui est celle de tous ceux qui refusent l’oppression, la colonisation et le déni des droits fondamentaux. Il est impératif que la communauté internationale, les parlements, les ONG, les militants des droits humains et chaque conscience libre condamnent fermement cette résolution illégitime et soutiennent sans équivoque le droit imprescriptible à l’autodétermination.
Face à la répression, aux violations des droits humains perpétrées dans le territoire occupé, et à la confiscation de leur avenir, les Sahraouis méritent que le monde entier soit leur porte-voix. La mémoire historique, la justice et la vérité leur sont dues.
Il revient à chacun, en particulier à ceux qui croient en la paix durable, de faire pression pour l’organisation immédiate d’un référendum libre et transparent sous l’égide des Nations unies, conformément à la légalité internationale.
La solidarité entre les peuples est la clé de ce combat — un combat pour la liberté, la dignité et la reconnaissance. Et c’est dans cette lutte que réside l’honneur de la communauté internationale, loin des compromis honteux qui trahissent les rêves des sahraouis.
K.H




