Sahara occidental au Conseil de sécurité de l’ONU : Ahmed Attaf révèle les vérités cachées

Par Kahina Hammoudi
Dans un entretien exclusif avec la chaîne internationale algérienne Al24News, Ahmed Attaf, ministre d’État et ministre des Affaires étrangères algérien, dévoile les vérités cachées autour des récentes délibérations du Conseil de sécurité de l’ONU sur la question du Sahara Occidental.
Avec un ton ferme et une clarté tranchante, il dissèque les intentions marocaines et l’évolution des positions internationales.
Le Maroc veut imposer ses objectifs historiques par la force
Ahmed Attaf affirme sans ambiguïté que lors de la séance d’octobre du Conseil de sécurité, le Maroc a tenté de tirer profit de cette occasion pour imposer ses ambitions connues : dissoudre la mission onusienne, imposer un projet d’autonomie comme unique solution, et effacer toute perspective de référendum sur l’autodétermination du peuple sahraoui. « Cette tentative n’a pas réussi. Huit pays ont proposé des amendements rejetant ce projet partial », souligne-t-il.
La mission onusienne maintenue, la voie diplomatique reste ouverte
Le ministre précise que malgré les efforts marocains, la mission onusienne n’a ni été dissoute ni vidée de sa substance. Le mandat a été renouvelé pour une année, et la notion d’autonomie coexiste désormais officiellement avec d’autres options, dont celle portée par le Front Polisario. « Le lien artificiel voulu par Rabat entre l’autonomie et le rejet du droit du peuple sahraoui à l’autodétermination est désormais rompu », rappelle Attaf.
Fin du brouillage historique : un conflit Maroc-Algérie écarté
L’ancien flou entretenu par le Maroc visant à présenter le litige comme un différend bilatéral avec l’Algérie est désormais levé. La résolution onusienne reconnait implicitement les parties en conflit : le Maroc et le Front Polisario, soutenu par le peuple sahraoui.
« Le Conseil de sécurité et la communauté internationale confirment ainsi la légitimité du combat sahraoui », affirme le ministre.
Washington se démarque : réalisme et rôle de médiateur affirmés
Saluant une évolution notable, Ahmed Attaf souligne la prise de distance américaine entre le rôle national et celui de médiateur. Citant Masad Boulos, conseiller de Donald Trump, le ministre exprime son optimisme face à la reconnaissance désormais ouverte des alternatives à l’autonomie et à l’appel à un accord direct entre les deux parties. « Les États-Unis veulent être un médiateur impartial, respectant la charte de l’ONU », explique Attaf.
L’autodétermination, clé de voûte du processus onusien
Soulevant la question plus large du droit international, Attaf rappelle qu’il existe 17 « territoires non autonomes » bénéficiant de ce droit à l’autodétermination. Exclure le Sahara Occidental serait unique et injustifiable. « La résolution rappelle à deux reprises le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination sans le conditionner à l’autonomie », insiste-t-il.
Conclusion : une diplomatie algérienne claire, ferme et porteuse d’espoir
Ahmed Attaf clôt ce dialogue avec une conviction forte : l’ONU demeure le cadre légitime de la résolution politique du conflit.
L’Algérie soutient inconditionnellement l’exercice du droit inaliénable du peuple sahraoui à choisir son destin, et appelle à des négociations directes entre Rabat et le Front Polisario sous l’égide onusienne.
K. H




