A la Une

Sahara occidental : Alger rallume la flamme de la lutte pour l’autodétermination

Par Kahina Hammoudi 

Dans une ville qui n’oublie pas son rôle historique de bastion de solidarité, Alger a accueilli, lundi, l’ouverture d’un colloque scientifique majeur consacré à la «Question du Sahara occidental : racines historiques, situation actuelle et perspectives à la lumière des mutations internationales». Organisée par l’Institut national d’études stratégiques globales et le Centre sahraoui d’études stratégiques, cette rencontre de deux jours rassemble universitaires et chercheurs algériens et sahraouis déterminés à remettre la question sahraouie au cœur du débat international.

Sous le slogan sans équivoque — «La liberté est un droit partagé par tous les êtres humains et celui qui l’usurpe est un criminel» — le colloque affirme, dès son ouverture, ce qui devrait être une évidence : le combat pour l’autodétermination n’est ni une variable d’ajustement diplomatique ni une marchandise géopolitique. L’allocution de l’ambassadeur de la République arabe sahraouie démocratique (RASD) en Algérie, M. Khatri Addouh Khatri, a rappelé la dignité d’un peuple qui, depuis des décennies, subit exclusion et effacement.

La table ronde inaugurale a donné la parole au représentant du Front Polisario, Mustapha Mohamed Lemine, pour une mise au point sur «les racines historiques de la question du Sahara occidental». Sa prise de parole, dense et documentée, a déconstruit les récits occultant la logique coloniale et exposé, facts et dates à l’appui, l’enchaînement des injustices qui ont privé le peuple sahraoui de son droit légitime. À ses côtés, l’enseignante Felissi Nardjes, de l’École nationale supérieure des sciences politiques, a livré une communication aiguë sur «la recomposition contemporaine de l’ordre international et la redéfinition des dynamiques diplomatiques», pointant comment intérêts stratégiques et équilibres régionaux redessinent la gestion du dossier sahraoui, souvent au détriment du droit et de la justice.

La première journée articule deux sessions scientifiques complémentaires : la première, «les racines historiques, le processus de décolonisation et les enjeux juridiques», met au jour les fondements historiques et le cadre du droit international qui soutiennent la revendication sahraouie ; la seconde examine «les transformations géopolitiques, la recomposition de l’ordre international et les évolutions sur le terrain», pour comprendre comment la realpolitik pèse sur les possibilités de résolution.

La seconde journée ne restera pas en reste. Une troisième session traitera des «dimensions sociales, économiques et des espaces territoriaux stratégiques», rappelant que la souveraineté ne se réduit pas à la carte diplomatique : elle irrigue vies, ressources, et développement. La quatrième session s’attachera aux «récits, mobilisation médiatique, diplomatie d’influence et cadres de mise en œuvre du soutien commun», thématiques cruciales pour contrer la guerre des narratifs et structurer un soutien international durable en faveur de la RASD.

Le programme comprend encore une intervention attendue de l’ambassadeur sahraoui sur «les perspectives de règlement et de solution future», avant une lecture solennelle des recommandations, qui devra, espérons-le, transformer paroles savantes en actions concrètes — pression diplomatique, mobilisation civile, et cohérence politique.

Ce colloque d’Alger n’est pas une simple réunion académique. Il est acte politique et acte de mémoire : il rappelle au monde que l’injustice ne se fond pas sous les calculs d’intérêts, et que le droit à l’autodétermination reste un principe irréductible. Face aux recompositions géopolitiques et aux marchandages d’alliances, la responsabilité des États et des sociétés civiles est d’exiger que justice soit rendue, sans délai ni contorsion.

K. H.

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page