Russie-Sahara Occidental : Moscou refuse la complaisance et réaffirme le droit à l’autodétermination

Par Kahina Hammoudi
Un haut responsable russe reçoit une délégation sahraouie à Moscou : ce n’est pas qu’une visite protocolaire, c’est un camouflet cinglant aux manoeuvres dilatoires du Maroc. Aleksandr Sergueïevitch Oleynov, vice-ministre des Affaires étrangères, a entendu hier les représentants du Front Polisario lui exposer sans fard les blocages imposés par Rabat à l’application des résolutions onusiennes.
Un soutien russe sans équivoque
Dirigée par Mohamed Yeslem Beissat, ministre sahraoui des Affaires étrangères et des Affaires africaines, la délégation – forte du représentant à l’ONU Sidi Mohammed Amar et de l’ambassadeur à Moscou Ali Salem Fadel – a mis les points sur les i : le processus de paix piétine faute de volonté marocaine. Moscou, cohérent avec son abstention récente aux votes du Conseil de sécurité sur la MINURSO, martèle son exigence d’une solution juste, négociée directement sous égide onusienne, et surtout respectueuse du droit sacré du peuple sahraoui à l’autodétermination. Fini les résolutions taillées sur mesure pour le Makhzen !
Le Polisario prêt, Rabat esquive
Les Sahraouis ne mâchent pas leurs mots : ils sont prêts pour des pourparlers directs, sous l’œil impartial de l’ONU, pour que la MINURSO accomplisse enfin sa mission originelle – le référendum d’autodétermination. L’Algérie et la Mauritanie, observateurs vigilants, ont récemment constaté l’inertie marocaine. Pendant ce temps, les colons s’installent, les ressources se pillent : le Sahara occidental agonise sous la botte de l’occupant, et le monde regarde ailleurs.
Abstention russe : un signal fort
L’abstention de la Russie sur les derniers renouvellements de mandat de la MINURSO n’est pas un hasard. Moscou dénonce des textes biaisés, négociés en catimini pour ménager Rabat au détriment de l’équité. «Une approche non partisane est indispensable», tonne Oleynov, aligné sur la Charte des Nations unies. Ce positionnement russe, partagé par nombre de voix africaines et latino-américaines, isole un peu plus les thuriféraires de l’autonomie bidon prônée par le palais royal.
Vers une mobilisation internationale accrue
Ce rendez-vous, doublé d’un entretien avec le parti Russie Juste, s’inscrit dans une offensive diplomatique sahraouie réussie. À l’heure où l’Allemagne réitère le statut non autonome du territoire, où le Zimbabwe brandit le principe d’indépendance, le Front Polisario gagne du terrain. Rabat peut bien parader à Washington ou courtiser Paris : l’Histoire, inexorable, rendra justice au peuple sahraoui. La résistance armée, alliée à cette diplomatie de fer, finira par triompher.
K. H.




