Ramadan et Diabète : les spécialistes sonnent l’alarme

Par Insaf Djoumati
Le président l’Association des diabétiques de la wilaya d’Alger Fayçal Ouhadda a averti aujourd’hui lors du Forum d’El Moudjahid, que tout patient diabétique doit impérativement obtenir un avis médical préalable avant de jeûner.
Avec plus de 4 millions de malades en Algérie, cette décision relève exclusivement du médecin pour éviter des complications graves comme l’hypoglycémie ou l’acidocétose.
Fayçal Ouhadda, président de l’association, a déclaré catégorique : «Le médecin est le premier ‘Mufti’ du malade».
Face à une prévalence alarmante entre 4 et 4,5 millions de cas , les spécialistes insistent sur un bilan complet un mois avant le jeûne, la décision ne devant pas être émotionnelle mais strictement médicale.
Fardeau économique et épidémique majeur
Le diabète absorbe 28% des remboursements CNAS, avec une facture annuelle de l’insuline dépassant 155 milliards de centimes, liée à l’obésité et à la sédentarité.
Cette explosion pèse lourdement sur la sécurité sociale.
Dangers du jeûne et faux remèdes
Les intervenants ont dénoncé le pain blanc comme «bombe de sucre», les boissons énergisantes addictives et les «remèdes miracles» vendus en ligne, souvent frelatés et causant des insuffisances rénales chez ceux abandonnant leurs traitements.
Le Dr Diya-Eddine Bouab a alerté contre ces mélanges d’herboristerie contenant des produits chimiques, aggravant les risques pendant le jeûne.
Espoir dans l’autonomie et l’innovation
L’Algérie produit désormais 100% de ses médicaments antidiabétiques essentiels, dont l’insuline. Les débats portent sur les capteurs de glycémie continue (CGM), remboursés pour enfants et potentiellement généralisés via transferts technologiques et exonérations fiscales.
Les experts prônent une «culture de la prévention» : 30% des pré-diabétiques pourraient éviter la maladie par une meilleure hygiène de vie. «Prévenir coûte moins cher que guérir», a résumé le Dr Khalfaoui.
I. D.




