Les Émirats parmi les itinéraires d’un réseau international impliqué dans le trafic de 42 tonnes de cocaïne

Par Rihane Naïli
Les autorités de sécurité de l’Équateur, en coopération avec Europol, ont annoncé le démantèlement d’un réseau international impliqué dans le trafic de cocaïne et le blanchiment d’argent entre l’Amérique du Sud, l’Europe et les Émirats arabes unis. Vingt et une personnes ont été arrêtées. Les enquêteurs ont mis au jour des liens criminels transfrontaliers allant de l’Équateur à Dubaï.
14 saisies, 42,5 tonnes de cocaïne
Selon le site de la Télévision algérienne, qui cite des médias espagnols, les enquêteurs ont relié le réseau à 14 saisies de cocaïne en Équateur et dans plusieurs pays européens, pour un total de 42,5 tonnes, dont 18 tonnes destinées à l’Espagne.
Une enquête partie d’une saisie record en Espagne
L’enquête a débuté en octobre 2024, après la saisie de 13 tonnes de cocaïne dans le port d’Algésiras, dans la province de Cadix. La drogue était dissimulée dans une cargaison de bananes, dans un conteneur en provenance d’Équateur. Il s’agissait alors de la plus importante saisie de cocaïne réalisée par la police nationale espagnole, selon les mêmes sources.
Les investigations ont permis d’identifier l’un des principaux dirigeants présumés du réseau, installé aux Émirats depuis 2023, d’où il communiquait avec des membres d’autres organisations criminelles internationales.
Quinze sociétés d’exportation de bananes en façade
D’après la police nationale espagnole, le réseau avait mis en place un système commercial regroupant au moins 15 sociétés spécialisées dans l’exportation de bananes depuis l’Équateur. Elles servaient de façade pour faire passer la cocaïne dans des conteneurs d’exportation, dissimulée parmi les produits destinés aux marchés extérieurs.
L’activité criminelle du réseau remonterait à 2019. Il utilisait diverses marchandises (bananes, fruits de mer, cacao, bois) pour acheminer la drogue d’Amérique du Sud vers plusieurs ports européens.
Un réseau de complices et des communications cryptées
Selon l’enquête, le réseau s’appuyait sur de nombreux collaborateurs internationaux pour coordonner l’achat de cocaïne auprès de laboratoires en Colombie, organiser son transport maritime, et assurer sa réception et sa distribution en Europe. Il utilisait des plateformes de communication cryptées.
Des liens présumés avec d’autres organisations
Les investigations se sont étendues à d’éventuelles relations avec d’autres organisations criminelles internationales, dont des structures liées à la mafia des Balkans et à la «mafia du Mocro». Des membres de ces groupes auraient facilité la réception des cargaisons et le recours à des sociétés dans les pays de destination pour donner une apparence légale aux activités commerciales.
La police espagnole indique que le réseau n’était pas une organisation isolée, mais une structure criminelle transfrontalière réunissant des groupes différents et alliés, pour contrôler plusieurs étapes du commerce international de cocaïne : transport, distribution et blanchiment.
R. N.




