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Pouvoir d’achat : l’économiste Nazim Sini décrypte les annonces du Président Tebboune

Par Racim El Hadi 

Pouvoir d’achat, contrôle de l’État, souveraineté nationale : le Président Abdelmadjid Tebboune a abordé ces thèmes samedi devant les représentants des médias. Son annonce phare, la revalorisation des salaires, a été inscrite dès le lendemain dans la loi de finances 2027, adoptée en Conseil des ministres. L’expert en économie Nazim Sini en livre une lecture, sur les ondes de la Radio algérienne.

Invité de l’émission «L’invité du jour» de la Chaîne 3, M. Sini est longuement revenu sur l’entretien télévisé du chef de l’État. Son analyse met en avant la cohérence de la démarche : lutter contre l’inflation et préserver le pouvoir d’achat par l’augmentation des salaires dans la Fonction publique.

Une hausse programmée dans le temps, un choix jugé pertinent

Selon l’expert, l’accent mis sur la maîtrise de ces augmentations, voire leur calibrage, permet d’éviter un éventuel choc inflationniste. Il rappelle que, selon certaines théories économiques, des hausses salariales trop répétées peuvent entraîner un surcroît d’inflation.

Cette approche rejoint la position du Président, qui a annoncé une revalorisation en 2027, en une ou deux tranches, en fonction des données économiques et de la situation du Trésor. Pour M. Sini, la programmation dans le temps est d’autant plus judicieuse que le contexte international est difficile. Dans de nombreux pays, le pouvoir d’achat est grignoté par une inflation liée essentiellement à l’énergie, comme en Europe, importateur net d’hydrocarbures.

Une « double action » : salaires et contrôle des prix

L’expert suggère d’accompagner la hausse des salaires d’un renforcement du contrôle des prix de certains fruits et légumes. Les prix à la base sont très bas, mais ils se retrouvent multipliés par le nombre d’intermédiaires spéculatifs.

Cette recommandation va dans le sens des propos du président, qui a jugé inacceptable la hausse des prix due à la spéculation et affirmé avoir donné des instructions au gouvernement. Elle rejoint aussi sa consigne du Conseil des ministres de ne créer aucune taxe pesant sur le pouvoir d’achat.

Cibler les cartels d’intermédiaires

M. Sini estime que l’État doit désormais agir au niveau des semi-grossistes, où se multiplient des pratiques anticoncurrentielles : des cartels s’accordent sur un prix fixe pour un produit donné, et changer de fournisseur n’offre alors aucun prix plus compétitif.

Il plaide pour un contrôle systématique et une régulation avec des sanctions dissuasives. Selon lui, c’est l’interconnexion des différents services de contrôle qui permettra de venir à bout des pratiques frauduleuses. Un chantier qui prolonge la fermeté affichée par le chef de l’État contre la surfacturation et les activités parasitaires.

R. E. 

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