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Pénurie de médicaments en Algérie : le ministère ordonne la mise sur le marché des stocks

Les laboratoires et distributeurs sont sommés de commercialiser leurs stocks sous cinq jours, tandis que les autorités renforcent les contrôles pour lutter contre la pénurie et les pratiques illégales.

Par Kahina Hammoudi 

Le Ministère de l’Industrie Pharmaceutique a instruit les producteurs de médicaments de procéder, dans les plus brefs délais, à la commercialisation de leurs stocks pour plusieurs produits actuellement en situation de tension ou de pénurie. L’objectif est de stabiliser l’approvisionnement du marché national.

Dans une note adressée récemment aux opérateurs du secteur, le ministère indique qu’après analyse des données fournies par ses services compétents, certains médicaments signalés comme étant en rupture ou en tension au niveau des officines demeurent néanmoins disponibles dans les stocks détenus par des entreprises pharmaceutiques, qu’elles soient impliquées dans l’importation, la fabrication ou la distribution en gros.

Dans ce cadre, les entreprises concernées sont tenues de mettre sur le marché les quantités disponibles « conformément à la réglementation en vigueur », afin de répondre aux besoins des pharmacies à travers l’ensemble du territoire national. Le délai fixé varie entre 48 heures et cinq jours au maximum, soit avant lundi prochain, précise la même source.

Le ministère annonce également le déploiement de missions d’inspection pour veiller au strict respect de cette instruction. Tout manquement exposera les entreprises fautives à des sanctions prévues par la législation en vigueur, pouvant aller jusqu’au retrait de l’agrément.

Par ailleurs, les autorités mettent en garde contre toute pratique illégale, notamment la spéculation, la rétention de stocks ou encore la vente conditionnée, qui feront l’objet de sanctions.

De son côté, le président du Syndicat national des pharmaciens d’officine (Snapo), Sami Tirèche, a indiqué que le dispositif de veille et de suivi a recensé, lors de sa dernière réunion mensuelle, des perturbations touchant 52 médicaments en dénomination commune internationale (DCI), une même DCI pouvant correspondre à plusieurs noms commerciaux.

Il a salué les mesures prises par le ministère, estimant que le délai accordé permettra une meilleure distribution, notamment vers les régions éloignées.

Se voulant rassurant, le responsable syndical a affirmé que les indicateurs actuels restent « globalement rassurants », notamment pour les patients atteints de maladies chroniques. Il a appelé à éviter les achats excessifs et le stockage de médicaments, des comportements susceptibles d’aggraver artificiellement les pénuries.

Enfin, il a attribué les tensions observées sur certains médicaments à la faible rentabilité de leur production, poussant certains laboratoires à réduire ou suspendre leur fabrication. Il a également dénoncé certaines pratiques illégales, telles que la vente conditionnée, qui impactent négativement la disponibilité des traitements.

K. H.

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