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Oran s’ouvre à la lumière des livres : La librairie « Huge », un acte de résistance face à l’ombre

À Oran, la librairie Huge s'ouvre comme boussole dans la forêt de ciment. Malika Bendouda clame : chaque bibliothèque ferme une poche d'ignorance. Refuge pour l'âme cosmopolite, semence pour les rêves des enfants d'Algérie.

Par Kahina Hammoudi 

À Oran, la perle blanche du Maghreb, une nouvelle fleur culturelle vient d’éclore au cœur du béton et des tumultes urbains.

L’inauguration, ce vendredi, de la librairie « Huge » – un nom qui sonne comme une promesse d’immensité – a transformé un espace ordinaire en sanctuaire du savoir.

Et c’est le discours de la ministre de la Culture et des Arts, la docteure Malika Bendouda, lu avec ferveur par Mourad Senouci, directeur du Théâtre régional d’Oran, qui a donné à l’événement sa dimension prophétique. « Chaque fois que nous ouvrons une bibliothèque ou un espace culturel, nous fermons une poche d’ignorance et de ténèbres », a-t-elle déclaré, transformant cette cérémonie en manifeste pour l’âme algérienne.

Dans le style incandescent de la ministre, cette ouverture n’est pas un simple ruban tranché : c’est « un acte de résistance ».

À l’heure où les lieux de consommation éphémère envahissent nos espaces vitaux, cette bibliothèque s’érige comme une boussole dans la forêt de ciment et de néons.

Elle ne se contente pas d’accueillir ; elle offre un pont vers une vie enrichie de sens, un refuge qui donne à Oran sa saveur unique, sa « niché particulière ».

Mourad Senouci, voix porteuse de ces mots, a insufflé à l’assemblée une urgence : celle de miser sur un capital immatériel, inestimable, que seul l’acte culturel peut fonder.

L’urgence oranaise : une ville assoiffée de sens

Oran, ville de révoltes et de raï, de ports bruissants et de mémoires vives, en avait besoin.

Cette « Huge » libraries arrive comme un antidote à l’oubli, dans une métropole où les jeunes slaloment entre rêves numériques et réalités arides.

Elle incarne la vision du ministère, alignée sur le programme du président de la République : restaurer les lieux du sens et de la beauté, briser les murs bureaucratiques pour porter la culture dans la rue.

C’est le droit constitutionnel du citoyen à la culture qui s’incarne ici, avec une priorité absolue accordée aux livres pour enfants – ces petits mondes qui forgent les consciences de demain.

Car les livres, dans l’horizon tracé par Bendouda, ne sont pas des reliques poussiéreuses. Ils célèbrent l’hospitalité comme un horizon. Ils multiplient la vie, la rendent dense de significations, et sauvent un peuple en pariant sur l’intangible.

À Oran, où les générations futures grandissent entre écrans tactiles et héritages oraux, cette librairie devient un mélanger promis : un refuge promis qui distingue la ville, lui rendant son âme cosmopolite.

Pour les générations futures : semer l’avenir dans les pages

L’enjeu est clair, et il est immense : éduquer les venants par le livre, contre vents et marées consuméristes. La politique culturelle algérienne place les bibliothèques et les librairies au cœur des priorités, surtout pour le contenu enfantin. « Le futur sera plus beau si les efforts se concentrent, si les intentions sont sincères et les âmes guéries croient en l’utilité de la culture pour bâtir un demain meilleur », martèle la ministre.

À Oran, cette « Huge » n’est pas qu’un bâtiment ; c’est un pari sur la jeunesse créative, ces esprits novateurs que la bureaucratie ne saurait museler.

Dans cette ouverture, l’Algérie se raconte : un peuple qui, face au temporaire, choisit le durable.

La librairie « Huge » n’est pas finie ; elle commence. Et avec elle, Oran respire, éclaire, résiste.

K. H.

 

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