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Araghchi à Washington: « une nouvelle confrontation ne changera pas les équations du conflit »

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a affirmé que son pays restait attaché à ses politiques régionales. Il a averti que toute nouvelle attaque militaire contre l’Iran n’aboutirait pas à des résultats différents de ceux des deux précédentes confrontations. Il a souligné que la paix et la stabilité dans la région passaient par la fin des guerres et des ingérences étrangères, ainsi que par le renforcement de la coopération sécuritaire entre les pays de la région.

M. Araghchi s’exprimait ce dimanche lors de la cérémonie de commémoration de l’ancien ministre iranien des Affaires étrangères Kamal Kharazi, organisée au Centre d’études politiques et internationales relevant du ministère des Affaires étrangères, à l’occasion de laquelle un centre de documentation portant le nom du défunt a été inauguré.

Il a salué le parcours de Kharazi, qu’il a décrit comme un penseur, un conseiller et un diplomate habile, dont la personnalité se distinguait par une « rationalité révolutionnaire » et un attachement aux principes de la Révolution islamique. Il a ajouté que les politiques iraniennes n’avaient pas changé malgré les guerres et les tensions qu’a connues la région ces derniers temps.

Le chef de la diplomatie iranienne a déclaré que, selon son pays, la sécurité et la stabilité de la région devaient être assurées par ses propres États, sans ingérence extérieure. Il a estimé que les bases militaires américaines n’avaient pas apporté la sécurité aux pays qui les accueillent, mais avaient au contraire contribué à accroître l’insécurité.

Il a poursuivi : « Le rôle de l’entité sioniste a prouvé à tous qu’elle est le seul élément qui provoque des guerres dans la région, qui n’a jamais permis d’y instaurer la sécurité et la stabilité, et qui a toujours cherché à allumer des guerres et à affaiblir ses États. »

M. Araghchi a appelé les pays de la région à renforcer leurs capacités sécuritaires et à s’appuyer sur leur coopération mutuelle. Il a affirmé que Téhéran était prêt à travailler avec tous les pays de la région, en particulier ceux du Golfe, afin de parvenir à une compréhension commune sur un nouveau dispositif de sécurité régionale.

Concernant la guerre, il a indiqué que l’Iran avait insisté, lors de ses négociations avec les États-Unis, menées avec la médiation du Pakistan, du Qatar et d’autres, sur la nécessité de mettre fin à la guerre sur tous les fronts. Il a averti que la poursuite des conflits dans une partie de la région empêcherait la stabilité dans les autres.

Il a également estimé que la « guerre des quarante jours » avait entraîné des changements stratégiques dans la région, dont les répercussions toucheraient le détroit d’Ormuz, dont la navigation et la gestion, a-t-il dit, ne reviendraient plus à ce qu’elles étaient auparavant. Téhéran et Mascate ont discuté de ces questions, et les consultations se poursuivront, a-t-il ajouté.

Évoquant l’affrontement militaire, M. Araghchi a affirmé que plus de 80 avions et chasseurs américains avaient subi des pertes pendant la guerre, la plupart touchés par des missiles iraniens.

Il a conclu en assurant que son pays était prêt à coopérer avec les États de la région, que les canaux de communication avec les pays du Golfe demeuraient ouverts, et qu’une compréhension commune sur l’architecture de sécurité régionale était la voie vers la paix et la stabilité.

R. I. 

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