A la Une

Mécanisation agricole : l’Algérie passe à la vitesse supérieure pour dompter le Grand Sud et gagner sa sécurité alimentaire

Par Kahina Hammoudi 

Dans un coup d’accélérateur décisif pour la souveraineté alimentaire de l’Algérie, le président de la République a tranché hier: création immédiate de coopératives dédiées à la location de tout matériel agricole.

Une mesure phare, saluée par Mustapha Bennaoui, expert agricole et ancien cadre du ministère de l’Agriculture, invité ce matin de L’invité du jour sur la Chaîne 3 de Radio Algérienne. «C’est la concrétisation d’un objectif stratégique vital : assurer notre sécurité alimentaire», martèle-t-il, avec la conviction d’un homme qui connaît les enjeux par cœur.

Une rupture avec l’héritage semi-traditionnel

Cette décision surgit d’une réunion exclusivement consacrée à la mécanisation, signe criant que les autorités entendent enfin répondre aux cris du terrain. Fini l’agriculture semi-traditionnelle, archaïque et sous-équipée ! Place à une modernité conquérante. Bennaoui le résume sans détour : « Jusqu’aux années 2000, notre SAU de 8,5 millions d’hectares se concentrait au Nord, avec des exploitations moyennes de 10 hectares par fellah. Pas besoin de gros engins. Mais aujourd’hui, on vise le Grand Sud, l’agriculture d’entreprise sur des milliers d’hectares – à partir de 1 000 ha minimum. Regardez les projets qataris : jusqu’à 117 000 hectares ! Il faut du matériel adapté, point final».

Coopératives et Conseil national : les leviers concrets

Les actes concrets ne se font pas attendre. Outre les coopératives de location, un Conseil national de la mécanisation agricole voit le jour pour dresser un état des lieux impitoyable et proposer des remèdes radicaux.

Bennaoui décrypte le mécanisme : ces coopératives, gérées par les agriculteurs eux-mêmes, mettront à disposition tracteurs, moissonneuses et semoirs high-tech à des tarifs accessibles.

Un cercle vertueux pour mutualiser les coûts et booster la productivité. Cette bascule n’est pas qu’un détail technique ; c’est une rupture historique. L’Algérie, longtemps freinée par une mécanisation anémique, s’arme enfin pour nourrir ses 45 millions d’habitants et exporter. Un pas de géant vers l’indépendance, dans un monde où la nourriture est une arme géopolitique.

K. H. 

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page