Marche de la dignité au Maroc : révolte contre la corruption d’Akhannouch et la trahison à Gaza

Par Kahina Hammoudi
Depuis des mois, dans les vallées oubliées et isolées de l’Atlas, loin des lumières factices des grandes villes et des vitrines touristiques, un feu de révolte brûle et gagne en intensité. Le peuple marocain, brisé par la corruption endémique et l’injustice sociale, refuse plus longtemps d’être sacrifié sur l’autel d’un régime oligarchique et dévoyé qui incarne la honte et la trahison : le régime Akhannouch.
Depuis juillet, des centaines de villageois, contraints par l’abandon total de leurs droits les plus fondamentaux — accès à l’eau potable, à l’éducation, aux soins de santé — parcourent des dizaines de kilomètres à pied pour quémander ce qu’un État digne devrait garantir sans appel. Ces marches de la dignité, qui se multiplient dans les zones rurales isolées, sont le cri clair d’un Maroc fracturé en deux vitesses inégalitaires.
D’un côté, une caste au pouvoir, corrompue et protégée par le Makhzen, avec à sa tête le milliardaire Aziz Akhannouch, qui accumule fortunes et monopoles au détriment du peuple. De l’autre, des centaines de milliers de Marocains laissés à l’extrême dénuement, sans routes, sans écoles, sans hôpitaux, privés même parfois d’un simple point d’eau.
Cette injustice criante est amplifiée par la honte d’une politique étrangère viciée, où le régime Akhannouch scelle des accords militaires, économiques et sécuritaires avec l’entité sioniste, complice direct du génocide à Gaza.
Tandis que les enfants palestiniens sont exterminés sous le silence complice des dirigeants marocains, le Makhzen trahit et humilie son propre peuple. Cette normalisation abjecte avec l’entité coloniale est vécue comme un véritable outrage de la part de millions de Marocains solidaires de la cause palestinienne.
Cette complicité, loin d’être une simple maladresse diplomatique, est un acte politique délibéré qui lie le régime marocain aux forces de la répression et de la colonisation. Elle nourrit la colère populaire contre un système verrouillé où règnent impunité, clientélisme et répression féroce des voix dissidentes.
Présence d’une police politique, arrestations arbitraires, censure médiatique, propagande étatique : tout est mis en œuvre pour étouffer la contestation alors même que le pays croule sous les inégalités et la misère.
Ces marches silencieuses réactivent la mémoire des luttes historiques du peuple marocain, qui jadis s’est levé contre le colonialisme français et espagnol dans les montagnes du Rif, de l’Atlas et du Souss.
Aujourd’hui, la résistance s’adresse au colonialisme intérieur pipé par le Makhzen, et à la trahison extérieure incarnée par la soumission à l’occupant israélien. La dignité et la liberté ne sont ni négociables ni vendables.
Face à cette double oppression, le message est clair : non à l’abandon social, non à la normalisation avec l’entité sioniste. La dignité nationale va de pair avec la solidarité inébranlable envers la Palestine. Le peuple marocain se tient debout, ferme et digne, dans la révolte et la résistance.
Répression féroce des voix dissidentes : «ils veulent nous réduire au silence »
Dans l’ombre de ce régime corrompu, la répression s’abat sans pitié sur celles et ceux qui osent lever la voix pour dénoncer les injustices. Au Maroc comme au Sahara occidental occupé, journalistes, défenseurs des droits humains et militants subissent un harcèlement insupportable qui vise à étouffer toute contestation.
Des figures emblématiques du journalisme d’investigation, telles que Soulaimane Raissouni et Omar Radi, payent le prix fort pour avoir révélé la vérité sur la corruption et la collusion du pouvoir.
Arrêtés arbitrairement, condamnés sur la base d’accusations fabriquées, ils endurent l’emprisonnement, des peines lourdes, et même le contrôle numérique via le logiciel espion Pegasus, instrument de surveillance politique organisé par l’État. Ces persécutions sont un message clair : au royaume d’Akhannouch, dire la vérité est un crime. « Ils ne se contentent pas de punir les journalistes, ils s’en prennent à leur vie privée pour les briser», témoigne Raissouni.
Parallèlement, au Sahara occidental, les journalistes sahraouis engagés dans la documentation des violations des droits humains et la défense du droit à l’autodétermination sont traqués, expulsés, voire emprisonnés pour des durées disproportionnées allant jusqu’à la perpétuité. Le régime marocain déploie une propagande massive pour maintenir son contrôle.
La censure, la surveillance, les arrestations arbitraires et la violence contre les manifestants pacifiques sont monnaie courante. La peur s’installe partout, conduisant à une autocensure généralisée dans les médias et à la marginalisation de toute opposition, y compris au Parlement où les motions de censure sont systématiquement neutralisées par un jeu politique divisé et verrouillé.
Ce système répressif, garant de l’impunité des oligarques du Makhzen, ne tolère aucune contestation. Face à la double trahison de ce régime qui ignore ses populations pauvres pour pactiser avec l’occupant israélien, la résistance des Marocains se durcit. Ils savent que leur dignité vaut plus que le silence imposé par la peur.
K.H.




