Les larges privilèges dont profite la France en Algérie: Ces vérités que rapporte l’APS

Voilà ce qui ne manquera certainement pas de « clouer le bec » à ces voix de l’extrême droite française quand elles vont découvrir le vrai sens des accords et traités qui lient les deux pays. Et qui en profite le plus.
Alors que cette partie haineuse de la France crie à la nécessité impérieuse de revoir les accords de 1968 et de 1994, tout en prétendant que les clauses qu’ils contiennent seraient favorables exclusivement à l’Algérie, l’agence officielle d’information, l’APS livre des détails sur ces largesses inédites dont profite la France jusqu’à aujourd’hui.
La même agence nous apprend que pas moins de 61 biens immobiliers ont été mis à la disposition de l’ambassade de France et ses annexes dans les meilleurs quartiers d’Algérie à des prix historiquement dérisoires datant de…1962. En revanche, l’Algérie n’a pu bénéficier du même traitement de réciprocité en France.
À ce sujet, ajoute l’APS , l’ambassadeur de France en Algérie a été d’ailleurs convoqué tout récemment au ministère des AE algérien pour justement aborder cette question relative aux excessifs privilèges dont jouit encore la représentation française.
Voici en substance, le contenu de la dépêche.
«L’extrême droite française, toujours en quête de boucs émissaires, a trouvé un nouveau cheval de bataille: accuser l’Algérie de profiter de prétendues aides françaises et de ne pas respecter les accords signés entre les deux pays.
Bruno Retailleau, figure emblématique de cette frange politique, n’a pas hésité à relayer cette rhétorique aussi fausse qu’invraisemblable, omettant d’évoquer un fait essentiel: si un pays tire un véritable profit des relations bilatérales, c’est bien la France.
La semaine dernière, le ministère des Affaires étrangères algérien a convoqué M. Stéphane Romatet l’ambassadeur de France en Algérie pour mettre sur la table un dossier trop longtemps ignoré par Paris: celui des biens immobiliers mis à la disposition de la France par l’Algérie.
Un dossier qui révèle un traitement pour le moins asymétrique entre les deux pays.
Au total, 61 biens immobiliers sont occupés par la France sur le sol algérien, moyennant des loyers ridiculement bas.
Parmi ces biens, le siège de l’ambassade de France en Algérie s’étend sur une vaste superficie de 14 hectares (140.000 mètres carrés) sur les hauteurs d’Alger, avec un loyer si insignifiant qu’il ne couvrirait même pas le prix d’une modeste chambre de bonne à Paris.
Quant à la résidence de l’ambassadeur de France, connue sous le nom « les Oliviers », elle s’étale sur 4 hectares (40.000 mètres carrés) et est louée au franc symbolique, sur la base d’un prix de bail inchangé depuis 1962 jusqu’en août 2023.
Une largesse que la France n’a jamais daigné accorder à l’Algérie sur son propre territoire !
Et ce n’est que la partie visible de l’iceberg. De nombreux accords bilatéraux permettent à la France de bénéficier d’avantages considérables en Algérie.
L’exemple le plus criant est l’accord de 1968, qui régit le statut des Algériens en France et qui leur accorde un régime migratoire dérogatoire par rapport aux autres nationalités. Paris ne cesse de dénoncer cet accord, mais oublie de mentionner les bénéfices qu’il en tire, notamment la main-d’œuvre algérienne qui a largement contribué à la reconstruction et à l’essor économique de la France. De son côté, l’Algérie ne bénéficie d’aucun privilège comparable en France.
Un autre exemple frappant est l’accord de 1994, qui régule divers aspects de la coopération entre les deux pays, notamment en matière de commerce et d’investissements.
Dans les faits, ces accords ont surtout permis aux entreprises françaises d’obtenir des conditions très favorables pour opérer en Algérie, tout en limitant les opportunités inverses pour les entreprises algériennes en France. Encore une fois, l’avantage est unilatéral et profite avant tout à l’économie française.
Mais si Paris souhaite ouvrir le débat sur la réciprocité et le respect des engagements signés, alors parlons-en ! Nous verrons bien qui, de l’Algérie ou de la France, a le plus profité de ces traités et lequel des deux pays ne respecte pas les accords passés.
L’heure n’est plus à l’hypocrisie.
Il est temps que la vérité soit mise en lumière et que cessent les discours fallacieux destinés à manipuler l’opinion publique. L’Algérie n’a jamais été le profiteur de cette relation, c’est bien la France qui, depuis des décennies, a su tirer parti de chaque accord à son avantage. Et si elle veut aujourd’hui réclamer des comptes, elle devra d’abord rendre des comptes elle-même».
APS/ R.A




