Le Makhzen pris au piège : l’agonie d’un régime face aux revendications légitimes des jeunes

Par Kahina Hammoudi
Le Makhzen, dans une panique manifeste, resserre son étau répressif sur une jeunesse marocaine qui ose s’élever. Ce régime, fragile et à bout de souffle, ne parvient plus à cacher sa décrépitude.
Ce samedi, dans plusieurs grandes villes — Rabat, Casablanca, Tanger, Meknès — plus de soixante-dix jeunes ont été arrêtés, victimes d’une répression aveugle alors qu’ils réclamaient, dans une démarche pacifique, une véritable réforme du système éducatif, une santé publique digne, et plus d’opportunités pour un avenir assombri.
L’appel émane d’un collectif, « GenZ 212 », qui n’est pas un parti, ni une machine politique, mais le cri spontané d’une jeunesse privée de voix, née des réseaux sociaux, avide de justice sociale.
Mais tout mot, tout geste, tout souffle de revendication est réprimé avec violence. À Rabat, la police d’Abdellatif Hammouchi a fait plier les rassemblements devant le Parlement, dispersant les sit-in dans un déluge de charges brutales. Le président de la section locale de l’Association marocaine des droits de l’Homme, Hakim Sikouk, confirme l’arrestation de ces jeunes, relâchés seulement après avoir subi l’humiliation d’un contrôle d’identité.
Ce n’est pas un simple épisode : c’est le symptôme d’un mal profond. Le récent scandale d’Agadir — huit femmes enceintes mortes dans un hôpital public faute de soins — révèle l’effondrement d’un système de santé spolié, où l’accès aux soins devient privilège des riches, laissant les autres dans l’abandon.
Les hôpitaux publics manquent de tout : médicaments, matériel, personnel. Les pleurs et colères soulevés ont été étouffés, tandis que quelques boucs émissaires sont sacrifiés, et les promesses d’investissements finissent en poudre de papier.
Le même désastre touche l’éducation : des programmes hors de portée, des universités en ruines, et une armée de diplômés sur le trottoir du chômage. Un modèle social s’écroule, pas sous le poids d’une fatalité, mais sous l’égoïsme d’un régime qui préfère engloutir des milliards dans les armes, les opérations de communication, et surtout dans l’achat du silence sur la cause sahraouie.
Le collectif « GenZ 212 » se voulait un espace libre, un lieu de dialogue nourri d’amour pour la patrie, autour des thèmes cruciaux que sont la santé, l’éducation et la corruption. Mais l’indépendance d’une telle voix est une menace intolérable. Cette jeunesse, frappée de plein fouet par un chômage chronique, broyée par les inégalités, se donne le droit de dire « non » à la résignation.
À chaque soubresaut social, la réponse du régime est implacable : répression et discours creux. Jamais il n’attaque les racines du mal. Il muselle, il étouffe, il fait taire.
Face au regard du monde, le Maroc affiche une modernité factice et une stabilité à vendre, vantant des projets grandioses. Mais derrière ce masque, c’est un État autoritaire qui étrangle la liberté et dissimule la misère galopante.
Sous les feux de la normalisation avec Israël, des campagnes médiatiques soigneusement orchestrées, le royaume vit un déchirement social profond, une fracture qui crie, qui brûle, qui gronde. Les manifestations du 27 septembre ne sont ni accident, ni simple écho. Elles portent la voix d’une jeunesse qui refuse d’être sacrifiée sur l’autel d’un régime corrompu, obsédé à conserver sa mainmise et à camoufler son occupation illégale du Sahara Occidental.
L’ambassadeur de la République Arabe Sahraouie Démocratique en Algérie, Khatri Eddouh, avait prédit une chute imminente et violente de ce pouvoir. Les événements viennent corroborer son avertissement. Ce régime vacille, et la jeunesse marocaine se lève, inébranlable et fière, pour écrire un nouveau chapitre de son histoire.
K. H.




