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Le makhzen offre une ambassade à l’entité sioniste pendant que Ghaza compte ses morts

Par Kahina Hammoudi 

Pendant que les bulldozers de l’entité sioniste achèvent de raser ce qu’il reste de Ghaza et que les familles palestiniennes creusent encore les décombres à mains nues pour retrouver leurs morts, le Maroc, lui, a trouvé le moment idéal pour resserrer les liens avec Tel-Aviv. Ce mercredi, le royaume a annoncé l’élévation de ses relations diplomatiques avec l’entité sioniste au rang d’ambassades. Une « avancée » scellée, comme il se doit, à New York, sous l’œil bienveillant de Washington — véritable parrain de cette normalisation depuis 2020.

Le timing n’est pas un détail. Il est un aveu. Alors que le bilan des massacres à Ghaza dépasse les 73 795 martyrs et 174 869 blessés depuis octobre 2023 — et que les violations du cessez-le-feu continuent de tuer, avec 1 381 Palestiniens tués et 4 757 blessés depuis son entrée en vigueur — Rabat choisit précisément cet instant pour officialiser un partenariat toujours plus étroit avec l’occupation sioniste responsable de ce carnage. On ne pouvait pas rêver plus cynique démonstration de ce que le makhzen appelle pudiquement « réalisme diplomatique ».

Car ne nous y trompons pas : ce n’est pas une simple formalité protocolaire. Nommer des ambassadeurs, ouvrir des sièges diplomatiques en bonne et due forme, c’est consacrer une alliance politique, sécuritaire et économique assumée — celle-là même qui a permis, en échange de la reconnaissance de la « marocanité » du Sahara occidental par Washington, de sceller un pacte dont la facture morale est payée, aujourd’hui, en vies palestiniennes.

Depuis 2020, le narratif officiel marocain a tenté d’habiller cette dérive d’un vernis identitaire — les fameuses « racines historiques » avec les juifs d’origine marocaine, convoquées à chaque étape pour donner un supplément d’âme à ce qui n’est, en réalité, qu’un calcul géopolitique froid. Le résultat est là : un royaume qui se drape dans son rôle de gardien des lieux saints islamiques et de défenseur de la cause palestinienne dans ses discours officiels, mais qui, dans les faits, consolide chaque année un peu plus son alliance avec l’occupant.

L’histoire jugera. Et elle notera que pendant que Ghaza enterrait ses enfants, le makhzen, lui, négociait des accords d’investissement et de fiscalité avec leurs bourreaux.

K. H. 

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