Le Conseil de sécurité face au Sahara Occidental : une lutte acharnée pour la justice et la dignité sahraouie
Le dernier mot reste à écrire dans ce combat essentiel, pour la dignité du Sahara Occidental et l’honneur de la solidarité internationale.

Par Kahina Hammoudi
Les couloirs feutrés du Conseil de sécurité des Nations unies ont tremblé le 24 octobre sous le poids d’un affrontement diplomatique brutal, un choc des volontés entre ceux qui défendent la dignité du peuple sahraoui et ceux qui, derrière des manœuvres obscures, veulent perpétuer l’oppression et la colonisation.
Le projet de résolution américain, loin d’être neutre, s’impose comme un cheval de Troie. Il prétend réduire le mandat de la MINURSO à trois mois seulement, tout en légitimant sans vergogne le plan marocain de 2007, présenté comme « seule base réaliste » pour régler un conflit qui n’a jamais cessé d’être une bataille pour le droit à l’autodétermination.
Ce texte sacrifie sciemment le droit fondamental du peuple sahraoui à son avenir libre et souverain, bafouant le cadre juridique international depuis longtemps établi : celui de la décolonisation d’un territoire occupé.
Face à ce coup de force, Moscou s’est levé avec force, refusant la réécriture grossière de l’histoire et dénonçant la tentative américaine d’ignorer le droit international au profit d’intérêts géopolitiques.
La Russie a exigé la révision immédiate du paragraphe posant un déni de réalité, soulignant que le Sahara Occidental figure indéniablement sur la liste des territoires coloniaux à libérer, et rappelant que seul un référendum libre, supervisé par l’ONU, peut trancher légitimement.
L’Algérie, fidèle bastion de la cause sahraouie, a intensifié ses efforts diplomatiques, renforçant la résistance des États non-alignés, africains et latino-américains.
Pour Alger, cette résolution américaine est une dangereuse manœuvre qui blanchit une occupation militaire illégale, sapant le mandat de la MINURSO, gardienne du droit à un référendum que le Maroc refuse obstinément depuis 1991.
Le Front Polisario, porte-voix légitime du peuple sahraoui reconnu par l’ONU, a affiché une ligne rouge claire : aucun compromis ne sera toléré si le droit à l’autodétermination n’est pas réaffirmé avec force. Ce boycott annoncé témoigne d’une résistance ferme face à la dilution orchestrée de la cause sahraouie.
Refuser d’être caution à une mascarade imposée par des puissances occidentales est une décision de dignité politique puissante.
Au cœur de ce bras de fer, le Conseil de sécurité se fracture profondément. D’un côté, les puissances occidentales – États-Unis, France, Royaume-Uni – s’alignent derrière un Maroc instrumentalisé, où dominent calculs sécuritaires et intérêts économiques.
De l’autre, la Russie, l’Algérie et un groupe croissant de pays africains et asiatiques plaident pour la justice, la légalité internationale, et la reconnaissance du Sahara Occidental comme territoire non autonome à décoloniser.
Ni compromis, ni consensus n’ont pu émerger. Alors que Washington s’isole peu à peu, Moscou et Alger consolident leur position en défense acharnée du droit international.
Le vote du 30 octobre sur le mandat de la MINURSO représente un moment historique. Il pourrait cristalliser la fracture la plus profonde jamais vue sur ce dossier, avec des répercussions lourdes sur l’action future de l’ONU dans ce territoire.Le Sahara Occidental redevient plus qu’un sujet de diplomatie : il est l’épicentre d’un combat mondial entre la justice et la domination. Entre la tentative américaine de violence diplomatique pour entériner une occupation, et la résistance indomptable d’Alger et du Front Polisario pour protéger le droit sacré à l’autodétermination, c’est bien la voix des opprimés qui retentit aujourd’hui plus fort que jamais.
L’ONU est face à son devoir le plus fondamental: choisir entre la Charte et les principes qui ont fondé cette organisation – la décolonisation, la justice, la liberté – ou se laisser dicter sa politique par des alliances stratégiques sans scrupules.
Le dernier mot reste à écrire dans ce combat essentiel, pour la dignité du Sahara Occidental et l’honneur de la solidarité internationale.
K.H.




